‹ Poésies choisiesChapitre 215 sur 300 · Libres'. Tintroduction · texte numérisé non relu

Libres'. Tintroduction

Mais ce vivre démenons Sans soin au jour la journée, Peu soigneux de l'aulre année.

Heureux celuy qui peut dire, Gennes : je véquis hier ; Et qui le passé martyre Peut gayement oublier.

Eteignant des soins la troupe Au vin qui flote en la coupe... f^SJ

A GHARLOTE'

C'est à faire aux mal aprises N'estre point d'amour éprises.

Et ne se faire valoir ; Et.creindre tant d'une mère .

La langue et l'œil trop severe.

Qu'on se mette à nonchaloir -.

Le mignon de Cytherée T'a, Charlotte, énamourée.

Et t'a fait jetter bien loin Ton iil, la soye et ta laine.

Tu as la poitrine pleine, Pleine d'un bien autre soin.

Qui vient de la bonne grâce

De Camil que nul ne passe,

Soit à dresser un cheval,

Soit à sauter, soit à faire

Mille voltes pour te plaire.

Soit à bien dancer un bal.

Nul mieux de douce merveille

Ne sçait, enchantant l'oreille,

Tenir les esprits ravis,

1. Imité d'Horaco, Odes, 111, 2. QuUii dilTéro d'iiimcr (ii. «le II Cf. A Cliénior, p. liO l;\ li. d:ms Roqiicf.)

LES l'ASSE-TEMl'S. — III. 'J6Ô

Miiaïul il chante et son lut louche ; Nul ne verse de la bouche \ln plus i^racieux devis.

DU COMENTEMENT

(Ju un autre se travaille affamé de richesse, Afin que par monceaux les pièces d'or il trie ; (Ju'un autre usant ses ans en vaine idolâtrie Des seigneurs, dieux du monde, au talon lace presse ;

Mais qu'une pauvreté suportalde me laisse En paisible loisir couler ma douce vie ; Et toujours un bon feu dans le foyer me rie, Et jamais le bon vin en ma cave ne cesse ;

Et que le doux lien d'une maistresse chierc Des plus fâcheuses nuits la longueur acourcisse, Et des plus troubles jours sereine la lumière.

Ainsi, content de peu, sans qu'on me vit ny pleindre De la nécessité, ny louer l'avarice.

La mort je ne voudroy ny souhetter ny creindre.

Al, SlELl'i liE lAVELLES

SECKtTAIRE DE MOXSEIl. .N E l I! LE DLC

Favelles, je me plains de quoy l'humaine race * De vi\re par deux fois n'a du ciel la faveur, Afin qui; la première achevant en erreur, En la vie seconde il fuist tel- disgrâce.

1. Lcsdcux qualraius sou ( dus les deux geures, touiiue talisen

à un souvenir de Bion, VI. latin (Burg., 1. p. 195; Amp ,

2 Tel, dans l'aucienue langue, Form., p. 105; Génin, Yar., p.

n'avait qu'une lerraiDaison pour 227)

Nous vivons incertains : nostre âge coule et passe Que nous doutons encor du bien et de l'honneur. Qui nous paist? C'est l'espoir de quelque faux bonheur. Mais davant qu'il avienne il faut que l'on trépasse.

0 toy, que j'ai cognu droit, ouvert, sans feintise, Qui rejettes au loin la fausse convoitise. Bien apris de donner à tout son juste pris ;

Autant qu'avons vescu je souhette d'années, Si pouvons l'obtenir des bonnes destinées, Pour tenir le chemin que nous avons apris.

EPlTAl'llE DE RABELAIS^

0 Pluton, Rabelais reçoy, Afin que tuy qui es le roy De ceux qui ne rient jamais Tu ais un rieur désormais.

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