‹ Poésies choisiesChapitre 224 sur 300 · A HENRY ES TIENNE · texte numérisé non relu

A HENRY ES TIENNE

Donc, Estienne, tu te redonnos ,\ ta vile, et tu abandonnes Des cliams le séjour gracieu.v ?

Donc le repos solacieux De nos cliams plus ne te recrée, Mais le bruit de Paris t'agrée.

Comme tu as bien mérité, Jouy du bien de ta cité :

Tousjours à tes oreilles tonne Le tonnelier coignant sa tonne; Le taille s'en vienne tailler La pierre pour te reveiller Le matin, et qu'au soir t'essonrde - Le son de quelque cloche lourde ; Le charretier le long du jour Criant ne te donne séjour^, Importun devant ta fenesire.

Et ce quand plus tu voudrais estrc En repos pour jouir des dons Oue des Muses nous prétendons.

Et si tu vas parmi les rues, Sois, tant que point ne te remues, De crieurs de fien * empressé ; Ou le solliciteur pressé Donne tel coup en ta poitrine Qu"il t'en face plier l'echine ; Le portefange tumbereaU Souille de fange ton manteau ; Rencontre une charogne morte Que loin en la voirie on porte ; Trouve quelqu'un de peste atteint

1. Cf. Uor ce, Sat., II, vijBoi- essourder, rendre sourd (>". leau, Sat., VI. 5. Repos*.

i. .Subjonctif présent du verbe 4. Fiente (N.; L., élym.).

Qui sur la siviere se plaint :

Endure des maux plus de mille Ordinaires dedans la ville ; Soûle toy de tous les ennuis Qu'on y a les jours et les nuits ; Tandis qu'aux champestres délices Mon Dorât et moy, loing des vices Qui foisonnent dans les citez, De sainte fureur incitez, Nous nous jouons, au populaire Nous plaisans sur tout de déplaire.

Qui méprisant la verit/' Va béant à la vanité.

Il nous plaist chercher les montagnes Et loing de là voir les campagnes :

Aux campagnes nous descendons Dou * les montagnes regardons.

Tantost par la verdure gaye, Couvers de la palle saussaye,' Nous allons pourmener nous deux Alentour de ces prés herbeux, Où paissent les vaches penchantes - L'herbe lentement arrachantes.

Tandis que les gais pastoureaux Font retentir leurs chalumeaux.

Au son les génies pastourelles Foulent les herbetes nouvelles, Trepignans d'un folastre pié.

En un rond par les mains lié.

Souvent pour à leur ris entendre Le bestial^ nous voyons tendre Leurs mufles levez pour les voir Sans des prez se ramentevoir *.

Et pour mieux les heures séduire Nous avons coustume de lire

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