‹ Poésies choisiesChapitre 223 sur 300 · A BACCHUS · texte numérisé non relu

A BACCHUS

0 doux père Bacchus, Ariadne portée Par tes lions rampans dans les astres des cieux Témoigne que tu dois te montrer gracieux .\ ceux qui de l'amour ont lame tourmentée.

La fumeuse liqueur que tu as inventée D'un sommeilleux oubly puisse clore mes yeux, .\ fin que ne pouvant de ma belle avoir mieux, Au moins par ton nectar ma douleur soit matée.

Tousjonrs les sobres nuits des oisifs amoureux Tourmentent les esprits, esperans et poureux -, Qui sont veillez à tour ^ de peur et d'espérance.

Ceux à qui tes presens ont échaufé le chef, Ou dorment afranchis de tout triste méchef, (^u veillent bien-heureux dune riche asseurance.

DE .lAN*

Jan sous cette bière close Repose, si l'on peut bien Sans faillir dire : Il repose, D'un qui ne fit jamais rien.

Trahisons'. 5. Tour à Iniir.

l'eurpux. i. ppiit-i"irc Baïf lui-niêmp.

A .lACQUES PELETIER

Mais d'où vient cela, je te prie, Peletier, que durant sa vie Le poète mieux aceoniply Ne se veoit jamais anobly.

Et bien peu souvent se voit lire.

Quelque beau vers qu'il puisse écrire; Et que tousjours on prise mieux Que les plus jeunes les plus vieux, Bien que des jeunes l'écriture Ait plus exquise polissure, Encor que les vers plus àgez Trainent des flots plus enlangez?

Peletier, est-ce que l'envie Accompagne l'humaine vie.

Qui aussi tosl sa rage éteint Que la vie a son but ateint?

N'est-ce point qu'à regret on laisse Ce qu'on ayme dés la jeunesse.

Et qu'on ne peut mettre en oubly Ny délaisser son premier ply ?

Son aage* se moquoit d'ilomere; On lisoit Enne le vieil père.

Que Rome avoit Maron vivant.

Jamais comme l'âge suyvant On n'a vu que le présent âge Donnast l'honeur et l'avantage A qui, le méritant, vivoit.

Aussi grand que le mort l'avoit.

Mais quoy que ce soit, petit livre, Pour moy ne te haste de vivre :

Je ne suis pressé d'avoir nom Puisque tant couste le renom.

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