‹ Poésies choisiesChapitre 249 sur 300 · Imité (l'Ésope. lits (N · texte numérisé non relu

Imité (l'Ésope. lits (N

Les avoit portez pour en faire Gorge chaude à ses aiglereaiix '.

La haze la prie^ les luy rendre.

L'aigle pitié n'en daigne prendre, Mais d'orgueil se va surhausser.

La haze tous counils ^ assemhle, Et fait qu'ils s'en vont tous ensemhle L'arbre de l'aigle déchausser.

Tant grattent, tant rongent, tant minent Que tout le chesae ils déracinent :

L'arbre la nuict tombe poussé Au premier vent. L'aigle endormie Et sa couvée y perd la vie Parmy le branchage froissé.

La renarde et l'aigle vont faire

Amitié. L'aigle fit son aire

En la sime d'un arbre haut ;

Au pié de l'arbre la renarde

Un buisson fort espais regarde

Où son terrier gratter luy faut *.

La renarde en fin devient pleine ;

Fait ses petits. En mesme peine

En mesme temps l'aigle se veit :

Alla couver et la couvée

S'esclost au soleil esprouvée.

Oyez ce qui s'en ensuivit.

La renarde un jour fut en queste :

Et se fioit la sotie beste

Oue l'aigle ses petits gardast.

Ou qu'elle attendist le partage

Du commun butin et carnage

Ou qu'elle en ayant les aidast.

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