Imité (l'Ésope. lits (N
Les avoit portez pour en faire Gorge chaude à ses aiglereaiix '.
La haze la prie^ les luy rendre.
L'aigle pitié n'en daigne prendre, Mais d'orgueil se va surhausser.
La haze tous counils ^ assemhle, Et fait qu'ils s'en vont tous ensemhle L'arbre de l'aigle déchausser.
Tant grattent, tant rongent, tant minent Que tout le chesae ils déracinent :
L'arbre la nuict tombe poussé Au premier vent. L'aigle endormie Et sa couvée y perd la vie Parmy le branchage froissé.
La renarde et l'aigle vont faire
Amitié. L'aigle fit son aire
En la sime d'un arbre haut ;
Au pié de l'arbre la renarde
Un buisson fort espais regarde
Où son terrier gratter luy faut *.
La renarde en fin devient pleine ;
Fait ses petits. En mesme peine
En mesme temps l'aigle se veit :
Alla couver et la couvée
S'esclost au soleil esprouvée.
Oyez ce qui s'en ensuivit.
La renarde un jour fut en queste :
Et se fioit la sotie beste
Oue l'aigle ses petits gardast.
Ou qu'elle attendist le partage
Du commun butin et carnage
Ou qu'elle en ayant les aidast.