‹ Poésies choisiesChapitre 269 sur 300 · PSAUME LXXIII (LXXII · texte numérisé non relu

PSAUME LXXIII (LXXII

Qunm bo7ius Israël Devs.

Dieu certes est gracieux A son peuple Israélite ; A qui d'un cueur franc évite Le chemin des vicions.

A peu - que mon pié branlant.

Qui de soirs moi ne s'assure, D'une fautive glissure

1. A petit, peu s'en faut (L., Burguy, Gl., p 280; Palsgrave, hist., ex. de Du Bellay; Koquef.; p. 171).

N'ait trompé mon pas coulant,

Quand mon cueur fut irrité Par une jalouse envie, Sur ceus de mauvaise vie, Yoiant lem* prospérité ; Voiant qu'ils ne soufrent pas Les liens de la mort blême ; Mais toujours en santé même S'entretienent gros et gras.

De rien ne sont tourmentés.

Et des malines fortunes Qui sont aus autres comunes Vivent du tout exemtés.

C'est pour quoi chacun d'eux est Ceint d'orgueil et gloire véne ; Et d'une fierté hauténe Come d'un aLit se vest.

Ils sont si gras que leurs yeux Quasi point ne s'aperçoivent :

Ainsi des biens ils reçoivent Plus qu'ils ne veulent et niieus.

Mais toute méchanseté Part de leur langue immodeste, Qui contre le roi céleste Ses blasfémes a jeté.

Par ce monde spacieus Leur langage vont épandre :

Voire ont entrepris d'étandre Leur bouche jusques aux cieus.

Puis ton peuple, qui ceci Se fére en la sorte avise, Béant après leur vantise S'enyvre d'un vain souri.

ils osent bien murmurer :

Le haut Dieu, plein de puissance, S'il en avoit conoissance.

Le pourroit-il endurer ?

Voies, ceus ci sont pervers ;

Et toutefois on ce monde Tout bonheur chés eus abonde, Les comblant de biens divers.

Donc[ue je travaille en vain D'entretenir l'innocence ; En vain donc de toute offense J'ai refreint et cueur et main.

Puis qu'en ces troubles je suis Puis que chaque matinée A tout maleur destinée M'aporte nouveaus ennuis?...

PSAUME LXXVIII (LXXYII)

Attendue populus meus.

ûi, peuple mien, tes oreilles débouche ; Sois ententif aus propos de ma bouche Pour te narrer hauts faits je l'ouvrirai, Secrets cachés du vieil tems je dirai, Ceus qu'avons peu sans nos pères comprendre, Et ceux encor qu'ils nous ont fait aprendre. Les racontant. ÎS'ous faudrions au devoir S'a * nos enfans ne les faisions savoir.

Sus, dison donc aux âges ensuivantes De notre Dieu les louanges vivantes, De sa vertu les merveilleus effets, Et deduison ses mémorables faits...

Au pais gras du roiaume d"Egypte, Dedans le chain de la ville ïanite, Il fit jadis miracles aparents Davant les yeus de leurs premiers parents. 11 départit - la grande mer profonde

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