VI AVERTISSEMENT
Les Poésies clioisics de Baïf se divisent nakirellement en deux parlics : les œuvres anciennement imprimées et les œuvres inédites. Pour ces dernières nous avons résisté à l'attrait de la nouveauté et limité le nombre et l'étendue des pièces. Après un choix des psaumes, nous avons donné quelques chansoanettes en vers mesurés, mais seulement celles dans lesquelles le poëte a tenu compte du nombre des syllabes : pour nous ce sont plutôt des vers blancs que des vers mesurés.
Les œuvres imprimées sont nombreuses. Nous avons suivi l'ordre et les divisions de l'édition de 1575 : les Poèmes, les Amours, les Jeux, les Passe-Temps. Les il/JHic's n'ont pas été publiés entièrement du vivant de Baïf; nous nous sommes servi de l'édition- de 1581 pour les deux premiers livres et de l'édition de 1GI9 [lour les deux derniers.
Nous avons partout reproduit rortbographc des éditions du seizième siècle. Quant aux accents, dont Baïf se servait assez volontiers, nous en avons placé régulièrement sur l'c final [bcctiUé, prée) et sur ïe précédant une autre voyelle quand il doit se prononcer (béant, préau) ; dans tous les autres Cas la présence ou l'absence de l'accent est du fait de Baïf ou du moins de ses imprimeurs. Ajoutons d'ailleurs que l'orthographe et l'accentuation des éditions sont à peu de chose près celles des manuscrits. Toutefois Baïf conservait presque toujours Vs finale au lieu de la changer en ,r ou de l'adoucir en z.
Après les Mimes vient un spécimen des Étrènes de poézie francoèze, contenant quelques pièces en vers me^ sures et l'alphabet particulier dont Baïf s'est servi dans cet ouvrage, ainsi que dans les deux premières versions manu-^ scrites des psaumes et dansleschansonnettes. Nous sommes heureux à cette occasion de remercier M. Simon Uacon,
AVERTISSEME:^!. vu
riialiile et libéral imprimeur, qui honore aujourcFlmi cet art (ju'ont illustré les maîtres du seizième siècle. Nous avons pu, grâce à lui, non-seulement donner un spécimen des Étrènes de poézie fransoèze, mais encore composer le Tableau de la prononciation française qui suit les poésies de Baif. Ce tableau, que nous avons dressé d'après les Étrènes et le manuscrit 19140 de la Bibliothèque na^ tionale, pourra servi# utilement, nous l'espérons, à ceux qui étudient l'histoire de la langue française ; il confirnio certains faits. et en produit quelques nouveaux,
Pour les notes, nous avons suivi le système déjà adopté dans notre édition des Poésies choisies de Ronsard ; courtes, aussi concises que possible, elles reproduisent les mêmes abréviations *. Quand nous citons Joinville, c'est toujours l'édition publiée dernièrement par M. Xatalis do Wailly. Enfin l'astérisque indique qu'un mot a déjà été l'objet d'une explication dans ce volume ou dans celui de Ronsard. Dans ce dernier cas l'astérisque est consei'vé à l'Index •
Le portrait placé en tête de ce volume a été gravé par M. Adrien Féart, d'après le médaillon de la Bibliothèque. Ce médaillon, qui mesure soixante à soixante-deux millimètres, est ^œu^Te d'un graveur de mérite de la fin du seizième siècle, nommé l'rimavera.
Ce portrait fut fait en 1584; Baïf avait cinquante-trois
' Nous rappelons les principales : Ace. Rira. (Des .accords, Dicl. des rimes) ; Arap. Form. (Ampère, Form. de la langue franc); Bart. Clir. (Bartsdi, Chrestomathie) ; Bradi (Brachet, Grain, et Bict.y, Biirç. (Burguy, Gram. de la langue d'o'il); Cliev. (Chevalkt, Orig. de la langue franf.); Gcn. Var. (Génin, Variations); J. 01. (Jauliert, Glossaire du centre); L. (Littré!; Liv. Gr. (Livet, Gram. du \\i' siècle); N. (Nicot); Palsg. (Palsgi-avo, Éclaircissement de la langue franc.); Quich. Vers (Quicherat, Versifie, franc.); R «le la [i. [Rom. de la Rose); R. du R. (Rom. du Renard); Roquef. (Ro» quefort, Gloss. de la langue romane), etc.