L.j étym. de PianUircux). i. L'on avait couUinic de
Ouïr les tristes cris, voir hommes et chevaux Pesle-mesle entassez, voir de sang les ruisseaux !
Et quel plaisir prens-tu, race frelle, chetive. De te hâter la mort, qui jamais n'est tardive, Sinon quand, te donnant mille maux ennuieux. Tu fais le vivre tel que le mourir vaut mieux?... [8J Aveugle, ouvre les yeux ; regarde, miserahle, Que ta condition est pauvre et peu durahle. Où vont les plus grands rois et plus grands empereurs ? Mais que sont aujourd'huy les plus grands conquereurs, Qui par force ont donté, rangeans sous leur puissance Les trois parts de la terre en serve obéissance ? Ils ne sont plus que poudre et n'en reste sinon (S'il nous en reste rien) que le son de leur nom, Qu'ils ont voulu nommer la bonne renommée, Qui n'est après la mort qu'une ombre de fumée.
Mais qui veut en ce monde un bon bruit aquerir Qui soit loué de tous et ne puisse périr, Guerdonne * la vertu, face punir le vice. Maintienne le bon droit, exerce la justice, Détourne du forfait les courages pervers Leur proposant la peur de châtiments divers... fs] Que droiturier, prudent, libéral, débonnaire, Me mefaisant à nul, tâche à tous de bien faire, Rigoureux aux plus fiers, aux humbles gracieux. Qu'il ait tousjours l'honeur de Dieu devant les yeux (Qui sont ouvres de paix) : son renom et sa gloire Seront dignes alors d'immortelle mémoire. Et sera mieux famé que quand il aroit - mis En route ^ le pouvoir de cent rois ennemis... [40]
1. Récompense (Joinville). Cf. avec la forme airait ^BuI•g., I, p. guerdon, p. *2, note 2, olguer- 250; Msard, Pat. de Paris, p. doneur, p. 24, nr.te 2. 550; J. Gl.).
2. Aurait Fornio on a pur, usi- 3. f^éroulc. « Roupie, dit N., tée surtout en Bourgi>gne et dans id est rompure. En guerre c'est l'Ile de France conjointement deffaiete. »
AU ROY
Sire, si vous souvient de la bonne journée Que le mois de février nous avoit amenée Lors premier commençant ; o mon roy, vous disniez, Et disnant sobrement audience douiez.
11 vous pleut de m'ouïr : Sire, je vous ren comte Du tems de vostre absence, et du long vous racomte Que c'est que nous faisions. Je di premier comment En vostre académie * on ouvre incessamment Pour, des Grecs et Latins imitant l'excellence, Do vers et chants réglez décorer vostre France Avecque vostre nom ; et quand il vous plairoit Que vous orriez^ l'essay qui vous contenteroit. Je di qu'estant piqué de la faveur plaisante Des Muses, plus d'un chant en vostre honeur je chante. Déclarant le désir qui d'une douce ardeur Brusle mon cœur devost envers vostre grandeur. Je di que j'essayoy la grave tragédie D'un stile magestueux, la l>asse comédie D'un parler simple et net ; là suivant Sophoclés, Auteur grec qui chanta le decés d'Hercules ; Icy donnant l'abit ;i la mode de France Et le parler françois aux joueurs de Terence, Terence, aiiteur romain, que j'imite aujourd'huy Et, comme il suit Menandre, en ma langue j'ensuy; Ce que j'ay fait m'étant commandé de le faire Afin de contenter la royne vostre mère, Qui de sur tout m'enjoint fuir lassiveté En propos offensant sa chaste magesté.
Apres je vous disoy comment je renouvelle Non seulement des vieux la gentillesse belle Au chansons et aux vers ; mais que je remettoys En usage leur dance ; et connue j'en estoys