Lamenter'. ,". Avant, auparavant
■2. Heurts. Cf. Ilurtci' i. iNi.
rOËMES. — Y.
AMOUR FLITIF
C.onlre son fils un jour Venus la ])ello St; courrouça : s'enfuit d'aveci^uos elle, Kt, tout (lépit, vagabond se pounneine, Seulet, sans garde, où son plaisir le meine, Klle, durant le feu de sa colère, N'en faisoit cas . après, comme sa mère, Le regretta d'un doux désir atteinte.
Qui de chercher son cher fils Fa conlreinte. Elle courant de village en village Alla chercher son petit dieu volage.
Quelque chemin que Venus puisse prendre l\ien de certain elle n'en peut entendre. .\ la parfm -, non du tout refroidie De son courroux, à voix haute elle crie
« Qui me dira de mon fuyarl nouvelle (C'est (lupidou que mon fuyart j'apprllc) Il recevra dt; Venus povir sa peiiu>, Aon i\n baiser seulement s'il Tameine, Mais plus encor qu'un baiser amiable.
« Ce garçonnet est bien fort remarquable : Tu le pourras entre vingt reconoistre.
Il n'est point blanc ; son teint tu verras csirc Comme de feu ; ses yeux comme chandelles Brillent autour d'ardentes étincelles ; D'autant qu'il a la parolle benine.
Dedans son cœur sa pensée est maline.
Il dit de l'un lors que de l'autre il pense ; Ce n'est que miel le parler qu'il avaiu'e ; Son cœur est fiel ; il est impitoyable. Fier, dédaigneux, abuseur, variable, Menteur, trompeur: qui, lorsqu'il joue, brasse
1 Imi(é de Mosehus. 2. .V la fin (.N.j Palsg., p. 808)
Ses cruautez. Sa teste est frizotée
De i)eaus cheveux ; sa face est affrontée '.
Il ha* les mains petites, et ne laisse
D'en fraper loin quelque part qu'il s'adresse :
Témoin sera que bien loin il en tire
Le roy Pluton, qui d'enfer ha l'empire.
Son cors est nu, mais son ame, vestue
De traïsons et fraude, n'est pas nue.
Comme un oiseau il vole, ayant des aisles.
De cœur en cœur des masles et femelles.
Son arc petit, et petite est sa flèche.
Dessus l'arc preste à faire tousjours brèche ;
L'arc est petit, msis il ha grand'portée,
Car jusqu'au ciel la lleche en est portée.
Sa trousse d'or il a dessous l'aisselle,
El dedans est mainte flèche cruelle,
Dont bien souvent il nie blesse moy-mesme.
Tout, tout est plein d'une amertume extrême;
Mais par sur tout une torche qu'il porte
Qui est petite et de sa flamme forte
Ard^ le soleil. Si tu peux me le prendre,
Vijn sans mercy garroté me le rendre ;
Et si tu vois que de larmes il use.
Garde toy bien, garde qu'il ne t'abuse ;
Et s'il te rit, amené et ne le laisse ;
Si te voulant liaiser il te caresse,
Son baiser est dangereux, ne l'attouche :
C'est tout .venin, ses lèvres et sa bouche;
Et s'il te veut toutes ses armes rendre.
Te les pendant, garde bien de les prendre ;
iN'y touche point : qui les touche, il s'alume
D'un l'eu cruel qui sans pilié consume. »