COMPLAINTE DE LA ROYNE DE NAVARRE
Pour Dieu cessez, n'essayez par raison Au mal que j'ay d'apporter guerison ;
I. Ancienne forme de inter- 2. L'h eupli. est fréqu. dans rompu *. Bail (Géuin, Yarialions, p. 95).
Je vous sçav gré de vostre bon vouloir. Mais je ne puis laisser à me douloir ' . , . [2uj
Tel est l'amour, tel le dueil, et l'amant .N'est guierc plaint qu'on aime froidement ; Celuy aussi n'est guiere attaint au cœur Qui peut Lorner à son gré sa douleur... [12]
Qui que soyez vostre conseil n'ay pris, 0 trop heureux, ô non encore apris Aux hurls- cruels de fortune, celuy Qui donne loy aux tristesses d'autruy...[36]
0 mon doux roy, seul amy, cher époux, Pour qui davant ^ le vivre me fut doux. Maintenant m'est plus que la mort amer, P(Mdant l'amy que seul voulois aimer !
Tu m'es ravy, la mort t'a devancé A peine ayant ton printems commencé ; Tu m'es ravy, ravis sont avec toy Tous les espoirs, las! que je projettoy !
Tu m'as laissée, et rien après ta mort Ne m'est resté qu'un piteux deconfort Rien que de loy le triste souvenir Que je te jure à jamais retenir... [s]
Ov si du temps j'espère quelque bien.
Non, ce n'est pas qu'il me donne moyen De t'oulilier, ne* qu'il puisse gueinr Mon cœur dolent, sans me faire mourir ;
Ce sera lors que ce long médecin M'approchera de mon heureuse fin.
En me faisant quelque jour concevoir L'espoir certain de bien-tost te revoir.
0 ame heureuse, ô si là haut d'icy Jusques à vous monte quelque soucy, Pren bien à gré ces pleurs et vrais ennuis. Le seid jiresent qm- iloniicr je te puis.