‹ Poésies choisiesChapitre 70 sur 300 · Satyres'. o. Vivio, je vesqiiy, j'ay vescu · texte numérisé non relu

Satyres'. o. Vivio, je vesqiiy, j'ay vescu

-2. C'est le subjonctif, (.N. Gr., p. 50; Burg.,11, 23ô).

POEMES. — VII. ôb

La grâce qui te chantora.

C;ir si je dy chose qui vaille Qu'on l'écoute, si je travaille En œuvre qui passe les ans, Dj ma voix la pari la meilleure D'un renom durable t'asseurc. Qui florira mille printans.

Quelque autre de plus longue alêne Volera d'œle plus hanténe, La gloire de nos roys sonant.

Aussi haut s'elevant de terre Que l'aigle roial qui enserre Le foudre du grand dieu tonant ;

Moy, laborieux, je voléle Corne nne industrieuse avéte*.

Qui va cueillant de fleur en fleur La moisson qu'elle sçait élire Diligente, pour en confire Une savoureuse liqueur-.

Ainsi, d'une plaisante peine Dessur les rives de ma Seine Pai" les saussayes m'ébatant, Petit que je suis, je compose Des vers élaborés que j'ose A mes amis aller chantant.

A MONSIEUR DE PIMPONT

Maint mestier exerce les hommes ', Où nez misérables nous sommes ; L'un qui par don, ou par achat,

i. Alioille*. - Cr. .\. Cliénier, p. 2flO.

2. Imité d'Horace, Odes, IV, ii. 3. Imité dllorace, Odes, I, i.

Se feignant roy du populaire.

Se sera pourveu d"uu estât ; L'autre dédaignant le vulgaire Qui à la varialile court* Ambitieux court et recourt... [8]

Le marchant qui fuit la tourmente De l'auton^qui par la mer vente, Pour un tems s'aime en sa maison ; Mais si tost que la mer bonasse Se calme en la neuve saison, Attiré du gain qu'il embrasse, Commet ses calfretez ' vaisseaux Au plaisir des vens et des eaux.

Un autre riche, estimant vaine En ceste vie toute peine, iS'ha soing que d'avoir des bons vins.

Soit d'Orléans, ou soit de Beaulne, Ou soit des cousteaux angevins ; Et paresseux de sous un aulne.

Ou prés d'un sourjon, à séjour ^ Passera souvent tout un jour.

Plusieurs suivans le train des armes Se plaisent d'ouïr aux alarmes Bondir clerons, tonner canons, Et ne craignent coucher en terre Entre leurs soldats compagnons, Flatez de l'honneur de la guerre.

Dans les batailles s'agréant Que les femmes vont maugréant.

De son gré le chasseur endure De ïxxev la rude froidure Dun travail plaisant harassé.

Soit que davaiit ses chiens fidelles Il poursuive un lièvre élancé,

1. Cour. V. Malherbe, éd. 1S"4, 3. Calfeutrés, calfatés (L.,élyai. p 1-2(3. de Calfeutrer).

2 L'ausler'. 3 A loisir, en toiUe liberté '.

Soit qu'après les perdrix isnellos*

Il (lelonge ^ son espervier

Pour franchir maint ronceux hallier.

Quant à moy, si lo verd lierre, Guerdou^ des doctes fronts, enserre Mes temples* d'un chapeau* gaillard, Je suis faict dieu : les frais ombrages Me tirent du peuple alecart, Et parmy les forests sauvages.

Des nymphes le bal et les jeux Avec les satyrs outrageux.

Mais cependant que Polymnie Son lut doux bruyant ne m'envie Et que mon Euterpe parfois Joigne au plaisant lut que je sonno De ses douces flustes la voix.

Et si, vaillant, place on me donne Entre ceux qui chantent le mieux, Du front je toucheray les cieux.

A JfONSIEUR DE MAURU

Mauru, si quelque Promethée, Avec la puissance arrcstée Par le conseil de tous les dieux.

De tels mots venoit me poursuivre :

Quand soias mort, te faut revivre :

Il est conclu dedans les cieux ;

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