Simplicité*. 5. Mais
84 l'OESIES CHOISIES DE BAÏF.
Ne crein, ne crein des flots marins Forage,
Tendre pucclle ; autre chose je suis
Que je ne semble, autre chose je puis
Qu'un beuf muiihint, donthi forme j'ay prisa
Pour ton amour dedans jnon cœur éprise.
Qui m'a forcé de vestir cette face
Et de passer de tant de mers Tespace,
Moy Jupiter, moy le père des dieux,
Moy le seigneur sous qui branlent les cieux.
Pour apaiser de ma flamme segrette
La chaude ardeur en cette isle de Crele
Ma nourricière : icy faut que tu ailles,
Icy seront les saintes épousailles,
Icy de moy tu auras des enfants
Roys sur la terre, en gloire triomphans. »
Ainsi dit-il; et tout comme il disoit D'ordre arresté par après se faisoit.
Il vient abord *, et dans Crète venu Le toreau feint n'a long tems retenu ; Ains sa figure au rivage a reprise, Puis accomplit son amour entreprise :
Et dénouant le viergcal demiceint Qu'Europe avoil pour l'heure encore cemt, Ensemble fit et femme et mère celle Qui jusqu'alors avoit esté pucelle.
LA iMiNFE BIEVUE
Moi qui dans mon giron aineine De cent sourjons^ l'eau néte et saine.
Gardant dés ma source mon nom, Jusqu'à tant que mon ruisseau treuvc