AL CHEVALIER BU.XET
bien que plusieurs larges campagnes, Bien que nuiintes hautes montagnes Et longues traverses de mer^ Bonet, aujourdhuy nous séparent, Mon cœur entier elles n'égarent Du vray devoir de bien aimer ;
Car je retien le mot du sage, Que je mé souvent en usage
1. Fonno neutre, se tliverlii- '2. Tranqiiillenii'iit, h;iiisin((iiii' (L. : Solacier; Palsg, p. 4U0). tude* (N.), oliose.
rOËMES. — IX. 87
(Et vers toy ne soit pas omis) :
Aye des amis souvenance En absence autant qu'en présence ; C'est le devoir des vrais amis.
En cette souvenance douce Je discour, et je me courrouce Des fadézes du genre humain, Qui pour un vain honneur aquerre ' Ou pour du bien, vagabond, erre Ne sçachant s'il vivra demain.
Encore pour un lems j'excuse Le jeune homme nouveau sans ruse.
Qui ne peut chez kiy s'amuser.
Mais voit des hommes les manières.
Meurs et façons particulières, F'our se façonner et ruser.
Epoint de si louable envie M'avint une fois en ma vie Les monts des Alpes repasser, • Pour voir Venise ma naissance.
Une fois desja dés l'enfance On me les avoit fait [lasser.
Mais, fds de François, je me vante François, et la France je chante Que j'honore pour mon pais.
Autres que nos princes ne prise Pour seigneurs ; autre foy n'ay prise Pour tenir que la foy du lis.
Doncque, moy François, je repasse Les monts, que l'éternelle glace Et la nége couvre l'esté.
Passé, de là je considère Tout tant que j'y voy fait ou faire, Par bonne curieuseté.
Je n'y vov rien que des campagnes, Torrents, rivières et montagnes,