‹ Poésies choisiesChapitre 85 sur 300 · Ancien inûnitif, pour acquérir (Joiuville · texte numérisé non relu

Ancien inûnitif, pour acquérir (Joiuville

Couteaux, rochers, bois, vignes, eaux.

Prez, friches, pastis, pâturages, Bourgades, villes et vilages.

Châteaux, hordes * et des hameaux ;

J'y voy qu'on laboure la terre ; On sème blés, puis on les serre ; On met la vendange au pressoir.

On trafique, on plaide, on temogne ; L'un perd, l'autre gangue; on besogne.

Le matin y est et le soir.

Le soleil de jour y éclaire ; De nuit, pourveu qu'elle soit claire, La lune avec les astres luit.

Il y pleut et gresle, il y tonne.

Il y nége. L'esté, l'autonne, L'yver, le printems, s'entresuit.

J'y vois les humains enfans naistre, Et puis gnrsons je les voy croistre- ; Et d'autres hommes devenus Qui à divers métiers s adonnent.

J'en voy de barbus qui grisonnent, Et d'autres desja tous chenus ^.

Et bien, ne verray-je autre chose?

Ce di-je en moy-mesme ; et propose Là plus long tems ne séjourner.

Mes désirs contents je ramasse.

Et soudain les monts je repasse Pour en ma France retourner.

Puisque, sans bouger de ma terre.

Sans que dans mille périls j'erre.

J'y voy tout ce qu'on voit ailleurs.

Où ne sont fontaines plus saines,

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