‹ Poésies choisiesChapitre 9 sur 300 · XXIV JEAN-ANTOIIS'E I)E BAÏF · texte numérisé non relu

XXIV JEAN-ANTOIIS'E I)E BAÏF

quels il en dressa les loix, qui furent approuvées du roi jusques an point qu'il en voulut être et obliger ses principaux favoris d'en augmenter le nombre. J'en ai vu autrefois l'institution écrite sur un beau vélin, signée de la main propre du roi Henri III, de Catlierine de Médicis, sa mère, du due de Joyeuse et (le quelques autres, qui tons s'obligeoient par le même acte (le doinier une certaine pension annuelle pour l'entretien de cette linneusc académie. »

Dans ce fragment, Colletet confond quelque peu les dates; mais ce qu'il dit des offices dt; nouvcUe créatiun et de certaines confiscnllons nous semble particulièrement curieux. On voit que Baïf menait une fort joyeuse existence et que la subvention royale fournissait au luxe d'une table nombreuse plus qu'aux nécessités quotidiennes de sa vie. Dans sa maison du faiibouig, Baïf jouait un peu le rôle de protecteur des lettres et d'intendant royal des beaux-arts*. Sans doute, plus tard, les calamités de la guerre s'appesantissant de plus en plus sur ce nialbeureux royainne, la gène vint compliquée de la maladie, et liaïflinil tristement une vie longtemps heureuse, mais toute cette existence de poëlè, considérée dans son ensemble, n'est pas faite pour exciter la commisération.

Au sujet de la maison de Ba'if, Colletet fils a ajouté la note suivante- au maïuiscrit de son père; « Il me souvient, élant jeune enf;nit, d'avoir vu la maison de cet excellent homme que l'on montroit comme une marque précieuse de ranlii|uilé; elle étoit située (sur la paroisse de Saint-Nicolas-du-Cliardonnet) à l'endroit même où l'on a depuis bâti la maison des religieuses anglaises de l'ordre de Saint-Augustin, et, sous chaque fenêtre de chambre, on lisoit de belles inscriptions grecques en gros caractères, tirées du poêle Anaccréon, de Pindare, d'Homère et de plusieurs autres, cpii atliroient agréablement les yeux dos passants. »

C'est là que régulièrement s'assemblaient chaque dimanche toute une compagnie de doctes et beaux esprits. Charles IX avait favorisé la création de cette académie, Henri III lui con-

1. Jal. Bict. crii. de biographie et d'histoire, a relevé la mention suivante dans les comptes conservés aux Archives : « A M" Johan Anlhoine de bail", poète dudit seigniiur, 500 1. pour ses services en son ilicl estât. "2 décembre 1572. » On peut encore relever, dans Colletet, une somme de douze mille livres comptant, que Ronsard et Bail' reçurent pour les vers composés à roccasion des noces du duc (le Joyeuse. Voy. Sainte-Beuve, art. sur Desportes,'p. 421.

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