‹ Poésies choisiesChapitre 10 sur 300 · Sainte-Beuve, art. sur Desportes, p · texte numérisé non relu

Sainte-Beuve, art. sur Desportes, p

SA VIE ET SES ŒUVRES. xxv

timia sa protection et la défendit même contre quelques envieux et faiseurs d'épigramnies*. Tous deux venaient souvent assister à ses séances et à des concerts pour lesquels Baïf parait avoir composé un nombre considérable de stances ou cbansons spirituelles en vers mesurés. A un moment, vers 1570, dit d'Auliiîtné-, ce fut dans le cabinet même du roi que se tinrent régulièrement deux fois par semaine les séances de l'académie. A l'exemple des rois, les grands du royaume honoraient de leur présence ces concerts dans lesquels on vit même se produire un commencement d'opéra ^. Bientôt l'éloquence et la philosopbie alternèrent avec la musique et la poésie; c'est du moins ce qu'on peut conclure du second fragment de Colletet*, au sujet des discours philosophiques d'Amadis Jamyn, « lesquels, selon toute apparence, dif-il, furent prononcés'en présence du roi Henri III, dans l'académie de Jean-Antoine de Ba'if, établie dans le voisinage du faubourg Saint-Marcel. Car je sais par tradition qu'Amadis Jamyn étoit de cette célèbre compagnie, de laquelle éloient aussi Guy de Pibrac, Pierre de Pionsard, Philippe des Portes, Jacques Davy, du Perron et plusieurs autres excellents esprits du siècle. A propos de quoi je dirai que j'ai vu autrefois quelques feuilles du livre manuscrit de l'institution de cette nohle et fameuse académie entre les mains de Guillaume de Ba'if, lils d'Antoine de Ba'if-', qui les avoit retirées delà boutique d'un pâtissier, où le fils naturel de Philippe des Porles, qui nesuivoitpas les glorieuses traces de son père, les avoit vendues avec plusieurs autres livres manuscrits doctes et curieux; perte irréparable et qui me fut sensible au dernier point, et ce d'autant plus que, dans le livre de cette institution, qui étoit un beau vélin, on voyait ce que le roi llemi III, ce que le duc de Joyeuse, ce que le duc de Retz, et la plupart des seigneurs et des dames de la cour, avoient promis de donn r pour l'établissement et pour l'entretien de Tacadémie, qui prit

i, Sainte-Beuve, Tableau, etc., p. Si, note. 2. Dans son Histoire universelle, II, xx, citée par Sainte-Beuve, art. sur Desportes, Tableau, etc., p. -421. ô. Selon le Père Menestrier, cité par Sainte-Beuve, Ibid.

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