AU DUC D'ANJOU
Des faits mortels, qu'on ne peut assurer Si fennemcnt qu'ils puissent panlurer) L'éloignenieut, avec la médisance Des envieux, renverse la fiance De ma niaistressc et la met en dédain, Et m'afranchist. Car son dédain soudain Dedans mon cœur dépit et mépris jette Qui refroidist mon ardeur et rejette Tous les pensers de nos communs plaisirs, Doux nourrissiers des amoureux désirs.
Quand je co. noy que l'amour que je porte Est déplaisant, je luy ouvre la porte : L'amour s'envole, et je n'en sois blâmé : Aimer ne puis, si je ne suis aimé.
Sortant ainsi de telle servitude Libre je vy, fuyant l'ingratitude Tant que je puis. Sans désir mutuel Quel amour pcutestre perpétuel ?...['2o]
Par tel cbemin j'ay coulé mon jeune àgc, Diversement touché dans mon courage Des traits d'amour, qui m'a fait en ces vers Me décharger de pensements divers, Que je décry selon que se presante L'ocasion, que je pleigne ou je chante, Soit que dans nioy fust la joye ou l'ennuy, Soit que souvent l'empruntasse d'autruy...[i'2]
AMOURS DE MELINE