LIVRE PREMIERE
Maistresse, dont ^ te prend ceste cruelle envie De priver ton servant de son plus grand soûlas*? Quel plaisir reçois-tu de ravir de mes bras Le seul soutènement^ de ma clietive vie?
Me sera donc ainsi celle '' image ravie En qui je reconoy l'ombre de ces beaux las, Esquels si finement mon ame tu meslas, Qu'elle t'est pour jamais prisonnière asservie?
Belle, si touleslbis tu as si grand désir Que je ne jouisse plus de l'ombre de ta face, La voilà, je la ren ; fais en à ton plaisir.
Ce portrait aussi bien corrompre se pourra. J'en garde un dans mon cœur, et ne crein qu'il s'efface, Car tant que je vivray vif il y demourra.
Donc je n'auray de bien une seule heure ? Dueil dessus dueil tousjours me surviendra ?
1. C'est une maîtresse ficlive. fiait d'où (Biirgay, H, '285; Joiii