‹ Poésies choisiesChapitre 16 sur 36 · SEUL · texte numérisé non relu

SEUL

Un jour, errant, perdu dans un désert sans boni Un pâle voyageur clieminait lentement;

Autour de lui dormait la solitude morne,

Et le soleil brûlait au fond du firmament.

Pas une goutte d’eau pour sa lèvre en détresse Pas un ombrage frais ! pas un souffle de vent ! Nulle herbe, nul gazon ; et la plaine traîtresse N’offre à sou pied lassé que du sable mouvant.

Il avance pourtant; mais la route s’allonge ;

Il sent à chaque pas son courage tarir ;

Un sombre désespoir l’envahit quand il songe Qu’il va falloir bientôt se coucher pour mourir.

Il se roi dit en vain sous le poids qui l’accable ; U marche encore, et puis s’arrête épouvanté ; Sur son sein haletant, cauchemar implacable, Il sent avec effroi peser l’immensité !

Fatigué de sonder l’horizon qu’il implore,

Sans force, il tombe enfin sur le sable poudreux Et son regard mourant semble chercher encore Les vertes oasis et leurs palmiers ombreux.

Voyageurs égarés au désert de la vie.

Combieu de malheureux, vaincus pur la douleur, Dans leur illusion sans cesse poursuivie,

Meurent sans avoir vu l’oasis du bonheur !

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