LES OISEAUX DE NEIGE
Quand le rude Equinoxe, avec son froid cortege, Quitte nos horizons moins inhospitaliers,
Sur nos champs de frimas s’abattent par milliers Ces visiteurs ailés qu’on nomme oiseaux de neige.
Des graines nulle part ! nul feuillage aux lialliers ! Contre la giboulée et nos vents de Norvège,
Seul le regard d’en-liaut les abrite, et protège Ces courriers du soleil en butte aux oiseliers.
Chers petits voyageurs, sous le givre et la grêle, Vous voltigez gaîment, et l’on voit sur votre aile Luire un premier rayon du printemps attardé.
Allez, tourbillonnez autour des avalanches ;
Sans peur, aux flocons blancs mêlez vos plumes blanches Le faible que Dieu garde est toujours bien gardé !
Il a bientôt deux ans. Parfois, quand je le gronde, Il baisse ses grands yeux qu’une larme a ternis ; Et puis, avec des airs de douceur infinis,
Il relève vers moi sa belle tête blonde.
Et tout à coup, — l’eufance a ces retours bénis, —
D’un sourire joyeux sa figure s’inoude ;
II jase eu éclatant de rire, et sa faconde
Semble un gazouillement d’oiseaux au bord des nids.
Alors au fond de moi quelque chose remue ;
De tendresses sans nom ma pauvre âme est émue ; Sous mes cils, à mon tour, je sens des pleurs venir
Soyez aimé, mon Dieu, vous dont l’omnipotence A créé la famille et, pour nous rajeunir,
Nous donne les enfants, ces fleurs de l’existence !