‹ Poésies choisiesChapitre 31 sur 36 · LE RAPIDE · texte numérisé non relu

LE RAPIDE

L’eau qui se précipite en énorme volume,

Heurtant l’angle des rocs sur leur base tremblants, Avec de longs cris souds, roule en tourbillons blancs C’est le fleuve qui prend sa course dans la brume !

Comme un cheval fougueux dont on saigne les flancs, Il se cabre d’abord, puis court, bondit, écume,

Et va dans le lointain cacher son flot qui fume Sous le rocher sonore ou les grands bois ronflants.

De partout l’on entend monter des clameurs vagues j On voit de gros oiseaux pêcheurs suivre les vagues, De remous eu remous plongeant et tournoyant ;

Par un dernier effort cramponnés au rivage,

Les vieux troncs rabougris penchent leur front sauvage, Noirs fantômes, au bord de l’abîme aboyant !

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