LES MARCHES NATURELLES
Encaissé dans un lit aux arêtes rugueuses,
Entre deux pans abrupts rongés par le courant, Tout au fond d’un ravin sinueux, le torrent, Avec un bruit confus, roule ses eaux fougueuses.
Du rivage escarpé jusqu’au bois odorant Dont l’ombre couvre au loin ces grèves rocailleuses, Des gradins naturels aux formes merveilleuses, Taillés dans le granit, s’élèvent rang par rang.
Mystérieux degrés, colossales assises, Vastes couclxes de roc bizarrement assises. Dites, n’êtes-vous pas les restes effondrés
D’une étrange Babel aux spirales dantesques,
Ou bien quelque escalier aux marches gigantesques Bâti pour une race aux pas démesurés ?
LONGEFONT
A PEOSPER BLANCHEMAIN
Ce fut, dit-on, jadis un paisible couvent Coquettement caché sur les bords où la Creuse Avec un bruit d’écluse, en serpentant se creuse Un lit sonore et frais sous le saule mouvant.
Des grands arbres perçant la voûte ténébreuse, Sa tour jumelle luit sous le soleil levant...
Je ne l’ai jamais vu ; mais, en rêve, souvent J’ai suivi les détours de son allée ombieuse*
Près du parterre en fleurs, un homme au front serein Où le génie a mis son cachet souverain,
Contemple avec amour l’ange de sa famille ;
Son fils est là, tout près, qui se penche à demi
Sur trois gais chérubins jouaut sous la charmille
Je n’en connais aucun, mais je suis leur ami !