CINQUANTENAIRE DE LA SOCIETE
Ils serviront ! Le sort leur fût-il plus sévère, Ils ne failliront pas au labeur commencé ; L'âpre vin du malheur ne souille pas le verre, Et les cœurs sont plus forts à qui Dieu l'a versé!
Ils serviront la France, et l'art, l'autre patrie! Comme nous l'avons fait, ils iront au devoir, L'esprit toujours vaillant, l'âme parfois meurtrie, Portant en eux l'azur, même sous le ciel noir!
Mais non, non! L'avenir aura plus de clémence, D'autres astres naîtront des profondeurs des cieux, Et nos fils, ouvriers du siècle qui commence, N'auront connu les pleurs qu'en regardant nos yeux]
Venez donc, levez-vous, les jeunes capitaines, Sous le frémissement des étendards nouveaux; Que le soleil levant, sur les cimes lointaines, Dore de ses éclairs le crin de vos chevaux !
Et nous qui saluons cette splendide aurore, Tandis que vers la gloire ils courront à l'envi, Nous, les lutteurs d'hier et de demain encore, Nous dirons le grand mot du soldat : J'ai servi!