‹ Poésies complètesChapitre 17 sur 127 · A UN ENVIEUX · texte numérisé non relu

A UN ENVIEUX

[dévore.] auvre homme, je vous plains! Le mal qui vous Je l'ai vu dans vos yeux; en pourrez-vous guérir?

Le voudrez-vous ? Peut-être en est-il temps encore;

Essayez, croyez-moi : vous devez trop souffrir !

Hier, un homme illustre entre ceux qu'on acclame Était là devant nous, calme, simple, joyeux; Sa gloire nous mettait comme un parfum dans l'âme; Et vous seul... C'est l'instant où j'ai lu dans vos yeux!

Vous seul... Ah! quel démon vous souffla cette envie? Pourquoi donc ce regard implacable et railleur? N'avez-vous pas reçu tous les biens de la vie, Et que vous manque-t-il, sinon d'être meilleur?

N'eûtes-vous pas vos jours de gloire et de fortune ? Et si c'est aujourd'hui le moment du reflux, Les flots vous reviendront, car c'est la loi commune; Vous ne souriez pas... Que vous faut-il de plus?

Eh bien, apprenez tout : ce grand homme, ce maître Des esprits et des cœurs, à chacun de ses pas Traîne un malheur secret que seul j'ai pu connaître; Vous riez maintenant? — Vous ne guérirez pas!

Février 1881.

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