LES ILES DE SANTORIN
a mer bleue et brillante ondule sous la brise, | L'Archipel s'abandonne aux longs baisers desflots, La vague harmonieuse avec douceur se brise De Naxia la blanche à la verte Mélos; Mille esquifs, balancés sous la voile latine, Sur les canaux étroits aux changeantes couleurs, Vont de Cos à Scio, vont de Lemnos à Tine, Chargés de fruits, couverts de fleurs;
La lumière, dorant ou dispersant la brume, Semble avoir deux foyers : le soleil et la mer; Et de chaque Cyclade, où l'eau joyeuse écume, S'élèvent des parfums qui se mêlent dans l'air;
Tout brille dans l'azur, tout chante, tout enivre, Partout la volupté sous un ciel provocant, Il est doux d'y passer, il est plus doux d'y vivre.. Non! l'Archipel est un volcan!
Sous cette mer Egée où le chantre d'Ulysse Entendait de Vulcain les marteaux retentir, Où la Chimère avait Neptune pour complice, Gronde un feu souterrain toujours prêt à sortir; Prisonnier, mugissant, se cherchant un cratère, Brûlant sans qu'aucun souffle active ses fourneaux, Un abîme de feux, dans les flancs de la terre, S'étend sous l'abîme des eaux.
0 combats éternels des deux forces égales ! Toujours le feu captif tourmente l'océan, Et toujours, pour noyer les flammes, ses rivales, L'eau travaille à percer le plafond du volcan ; Un jour, la brèche est faite : une lutte commence Qui n'aura que le sein du globe pour témoin; La mer tombe d'un bond dans le creuset immense, Et la terre s'ébranle au loin;
Sur l'énorme brasier l'onde se précipite, Là-haut l'homme à ce bruit tressaille avec stupeur; Mais le torrent, saisi par le feu qu'il irrite, Remonte et rejaillit en ardente vapeur;