LE XIX JUILLET MDCCCLXXXVI
nscriyez mon nom sur ma tombe « Dans l'humble église que j'aimai;
« Sur le toit vienne une colombe
« Se poser au soleil de mai ;
« Si vous voulez être prodigues « D'honneurs selon moi peu communs, « Allez chercher par nos garigues « Les fleurs aux sauvages parfums;
« Sur ma tombe, demain muette,
« Semez-les et les y laissez :
a Cela suffit pour un poète ;
« Pour un prêtre aussi, c'est assez! »
Ainsi, — j'en trouverais la preuve Dans sa vie et ses vers, je crois, Le bon prieur de Celleneuve Nous a parlé plus d'une fois ;
Bon, il l'était, avec délice, Avec joie et naïveté, Et le rire de sa malice N'est que l'éclair de sa bonté;
C'est qu'il savait, poète et prêtre, Que pour le triste cœur humain Le meilleur remède peut-être.
Dieu le mit sur notre chemin;
Que, dans nos deuils et nos alarmes Tour à tour à l'homme s'offrit La bonté qui comprend les larmes Ou la gaîté qui les tarit !
Oublier les maux de la vie,
Pour une heure au moins ne pas voir
L'orgueil, l'ambition, l'envie,
Les haines et le désespoir ;