ANNIVERSAIRE DE RACINE (2 1 DÉCEMBRE I
DIT PAR Mlle FAVART, AU THÉÂTRE-FRANÇAIS
n volcan s'est éteint. La lave refroidie Est là, dernier témoin du dernier incendie; Du cratère muet nulle vapeur ne sort, Depuis longtemps déjà le monstre horrible est mort; L'eau du ciel, s'amassant dans la montagne noire, En a fait un grand lac où les aigles vont boire, Et l'homme se dit, prompt aux espoirs absolus : Nul volcan nulle part ne s'allumera plus!
Mais attendez! La flamme active et solitaire Travaille incessamment dans les flancs de la terre; Le volcan voyageur doit trouver son chemin, Hier c'était ici, ce sera là demain ; Tout à coup, la nature éclate en sombre joie, Le Massaya dormait, le Stromboli flamboie, Des Etnas inconnus s'allument, des Geysers Qui n'avaient pas de nom s'élancent dans les airs ; Le globe, entrebâillant ses formidables cuves, Quand un Vésuve meurt, ouvre un autre Vésuve, Et l'homme, contemplant ces farouches sommets, Dit alors : les volcans ne s'éteignent jamais!
La tragédie aussi, le grand drame, ont des heures De sommeil, que souvent la foule croit meilleures; Les héros et les dieux des Grecs et des Latin^, On les raille, croyant leurs tonnerres éteints; Prométhée est un songe, Eschyle une chimère, On ne voit que Thersite en regardant Homère ; Comme le bouc lascif au pied des Parthénons, La parodie a pris dans sa dent ces grands noms;