LE VENT
Le vent passe entraînant des feuilles avec lui,
Nous caressant les mains, nous baisant au visage; Rapide, il vole et tout frémit sur son passage;
II va, soufflant, geignant, hurlant, faisant grand bruit.
Il va, courbant la branche et détachant le fruit; Il va, poussant les flots heurtés vers le rivage; Il va, le vent frivole, énergique et sauvage;
Il passe, et des débris roulent au sol; il fuit.
Il va. La girouette au pignon tourne et grince. Folle, de l’Est au Nord; et, sous la tuile mince, Sifflant, il s'insinue et la fait palpiter.
Entre lui des instants naissent de paix profonde. Tout, petit à petit, cesse de s’agiter...
Ainsi passe la gloire instable de ce monde.
LA CHANSON DES HEURES