‹ Poésies complètesChapitre 6 sur 104 · CAUSERIE FÉMININE · texte numérisé non relu

CAUSERIE FÉMININE

Aujourd’hui, le salon est plein de jeunes filles Aux yeux noirs, aux yeux gris, aux yeux bleus, et gentilles Elles causent très haut de bijoux enchantés;

Elles causent surtout de puérilités.

De cette foule monte un parfum de fleurs mortes, Tiède et trop fort, formé d’extraits de toutes sortes. Elles causent, — leurs cœurs ne sont pas indulgents — Et médisent avec plaisir des jeunes gens.

Elles se font des compliments sur leurs toilettes,

Et projettent toujours de nouvelles emplettes,

Et mutuellement se disent des secrets Que chacune répète à l’autre, une heure après.

Le ton s’élève... On cause... Est-ce qu’on va se battre ? Elles sont bien quatorze ou quinze... Elles sont quatre.

LE DÉSIR

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