‹ Poésies complètesChapitre 62 sur 104 · MA VITRE · texte numérisé non relu

MA VITRE

Le soleil sur la neige éclate, sans la fondre.

Mais la vitre où le gel a ciselé des fleurs,

Perd son relief nacré sous l’effet des chaleurs; Tiges et fleurs bientôt ne peuvent correspondre.

Tout s’ imprécise et se dissout pour se confondre. Car le givre n'a plus ses neigeuses pâleurs;

Comme une feuille d’eau mince il s'écoule en pleurs, Ou, glissant par fragments translucides, s’effondre.

Tout au bas de la vitre, une bordure luit;

Une goutte descend, une goutte la suit; L’humide ourlet, gonflé d’eau successive, crève...

Dans l’âme humaine, ainsi toujours se résoudra En eau vaine la joie éphémère du rêve,

Que l’éternel espoir demain refleurira!

LA CHANSON DES MOIS

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