Elle survécut à Malherbe, et ne mourut qu'en juin
PRéFACE. VII
la mort du Grand Prieur, qui venait d'être assassiné par Altoviti. Cet événement ruinait ses espérances de fortune. Il appela sa femme en Normandie, où il séjourna pendant neuf ans. En iSgS , il alla rejoindre sa femme, qui était retournée en Provence depuis deux ans, et il ne quitta définitivement cette province qu*en i6o5.
Les débuts de Malherbe dans la poésie ne furent ni aussi précoces ni aussi brillants qu*i] se plaisait à 1c croire sur la fin de ses jours i. Pendant son premier séjour en Provence, de 1 576 à 1 585 , c'est-à-dire jusqu*à l'âge de trente-deux ans. il ne composa guère que des vers qu'il n'a pas jugés dignes d*étre conservés. Quatre pièces seulement datant de cette période nous sont parvenues: le Quatrain sur le Portrait de Pasquier , le Sonnet à Perrache, les Stances à une Dame de Provence, et les Larmes de saint Pierre, pièce à laquelle il ne mit la dernière main qu'en iSSy, lorsqu'il voulut la dédier à Henri III. Cette pièce lui valut un don de 5oo écus de la part du Roi.
Pendant les neuf années qu'il passa en Normandie, de i586 à 1 595, Malherbe ne paraît guère s'être occupé de poésie ; nuiis son second séjour en Provence fut marqué par des productions qui devaient contribuer beaucoup à sa gloire et décider de son avenir. De cette époque datent ses Stances à Marie de Médicis sur sa bienvenue en France, la Consolation à Du Périer, et quelques au.res pièces qui consolidèrent sa réputation:
Henri IV avait entendu parler avec de grands éloges do talent de Malherbe, surtout par le cardinal du Perron et par Vauquelin des Yvcteaux. Il hésitait néanmoins i l'attirer à la cour, par cet esprit d'économie qui était une de ses vertus. Mais, au mois d'août i6o5, Malherbe se trouvant à Paris, le Roi l'envoya chercher par des Yveteaux, et lui promit sa protection. En attendant qu'il pût s'occuper utilement de son sort, il chargea M. le