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SCÈNE II l6s

CHŒURDES DRAGUEURS

Sur le banc, dans la brise fraîche, Nous avons dragué tant de sable roux Qu'on en ferait bien avec une bêche

Un mulon plus haut que la flèche De Saint-Gwénolé, terreur des garous !

Soudain la mer s'est apaisée.

On entend au loin siffler les halbrans. Est-ce avril qui naît parmi la rosée ?

La dune est comme une épousée Avec ses bouquets de joncs odorants...

{Les voix s'éloignent. Gwion, aux derniers mots, s\est redressé. Stupéfait, il regarde autour de lui : une floraison merveilleuse vient déclore sur la dune et qui, dans sa houle odorante, lui dérobe la fée endormie.)

GWION

C'est vrai. Qu'arrive-t-ilet par quelle merveille Tout un printemps se lève à l'appel de mes yeux ?

i66 • l'île des sept-sommeils

O spectacle prestigieux !

Rêvé-je ou si je veille ?

{Tonnerre, éclairs. Myrdhynn, dans un buisson de feux, surgit à la corne d'un rocher.)

SCÈVs{lE III

URGANDE, toujours immobile, GWION, L'ENCHANTEUR MYRDHYNN

MYRDHYNN

Triste Gwion, prête l'oreille:

Mon cœur enfin s'est adouci, Gwion, ta bien-aimée est de retour ici. Votre peine fut pareille ; Que votre heur le soit aussi !

Dès que l'orbe de la lune Aura touché l'horizon, Secouant sa pâmoison, Ici même, sur la dune,

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