‹ Poésies complètes (volume 2)Chapitre 42 sur 74 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

Urgande renaîtra dans sa jeune saison.

C'était pour reposer sa tête endolorie Que la dune, ce soir, s'était toute fleurie. Éveille-la, Gwion ; puis partez tous les deux.

Partez, fuyez, âmes légères,

Couple charmant et hasardeux.

Reprenez vos ébats au milieu des fougères.

Partez, retenez seulement

De vos épreuves passagères Qu'il vous faut obéira mon commandement Et qu'on n'offense pas Myrdhynn impunément !

(L apparition s évanouit. Une lune rose s' éveille sur la mer. Et voici que, de sa couche parfumée, Urgande — une Urgande nouvelle, délicieusement jeune et jolie — s'étire doucement, lentement. Gwion, qui ne peut croire à son bonheur, hésite à la reconnaître. Et, tout à coup, on le voit qui s'élance.)

SCE^E IV URGANDE, GWION GwioN, poussant un cri.

Urgande !

i68 l'île des sept-sommeils

URGANDE, se dressatit tout à fait.

Gwion !

GWION

Urgande, C'était toi !

URGANDE

C'est toi, Gwion !

GWION

Comme un ramier, sur la lande, Terrais plein d'affliction...

URGANDE

Sur les flots de la mer grande, Je voguais, triste alcyon...

GWION

Urgande !

URGANDE

Gwion !

GWION

Urgande, C'était toi !

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