‹ Poésies complètes (volume 2)Chapitre 63 sur 74 · AUTRES DRAGUEURS · texte numérisé non relu

AUTRES DRAGUEURS

HENORA, femme d'Hervé. M"" Jeanne Marcya, de l'Odéon. NAIC, mère d'He'nora Louise Darsay,^^ VÂmbigu.

Un petit port de sablonniers, en Basse-Bretagne : à droite, la maison d'Hervé Kermadec ; à gauche, une auberge, portant pour enseigne : Coatfô, vend à boire et à mai/ger ; d'autres maisons, et, surplombant, le minuscule clocher de la chapelle de Notre- Dame de Bon-Secours Au fond une falaise à pic. avec un calvaire. Le jour décline. Devant la maison d'Hervé Kermadec, Hénora, sa femme, raccommode un filet. Près d'elle, assise, la vieille Naïc, sa mère, chantonne à mi-voix pour endormir l'enfant d'Hénora, couché dans son « ber » de coudrier.

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HENORA, NAIC

NAïc, berçant l'enfant.

Rossignolet sauvage,

Qui chante en ces verts prés,

270 LA iM AR Y-MORGANE

N' va pas dire à ma mère Que je me suis noyé ; Va-t'en plutôt lui dire Que je me suis marié A la plus jolie fille Que la terre ait portée.

Elle a les cheveux d'or, Les sourcils argentés ; Elle a les joues vermeilles, Comme un' rose au rosier.

Refrain

Au jardin de mon père.

Vive l'amour !

11 y a z' un vivier !

Vivent les mariniers !

{Elle cesse de remuer le ber.)

Dort-il ? Ne dort-il pas? L'enragé petit mousse ! Même quand il sommeille il faut qu'il se trémousse, Je crois pourtant...

[FAle se penche.)

Eh ! oui, je crois Qu'il dort tout de bon cette fois Et vogue à poings fermés sur les flots bleus du rêve. Son sein d'un rythme égal s'abaisse et se soulève...

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