‹ Poésies complètesChapitre 102 sur 115 · SÉRÉNADE · texte numérisé non relu

SÉRÉNADE

Allez, mes vers, de branche en branche, Vers la dame des Trawiéro, Qu'on reconnaît à sa main blanche Comme la moelle du sureau.

Elle est assise à sa croisée, Devant la digue des Etangs :

Vous lui porterez ma pensée Sur vos ailes couleur du temps.

Comme le soir vous favorise Et que, dans le genêt touffu, Pour épier votre entreprise, Aucun barbon n'est à l'affût,

Elle vous répondra peut-être Et se taira peut-être aussi.

Frappez toujours à sa fenêtre.

Mes vers, et n'en prenez souci.

Les Lycidas et les Silvandres Vous le diront, ô soupçonneux :

Il est des silences si tendres Qu'on voudrait se blottir en eux

• Et là, sans un mot, sans un geste, Près d'un sein qui bat dans la nuit, Goiiter l'enchantement céleste De mourir à tout autre bruit

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