‹ Poésies complètesChapitre 104 sur 115 · SOIRS DE SAINT-JEAN · texte numérisé non relu

SOIRS DE SAINT-JEAN

Un sel subtil se mêle à l'acre odeur du foin. Maiatenant c'est la nuit, la molle nuit de juin, Blonde comme un verger, tiède comme une alcôve. Vers l'ouest traîne un dernier lambeau de clarté mauve... Hosanna! Car voici que sur les monts d'argent Pétillent, flambent, les bûchers de la Saint-Jean. Leurs feux jusqu'à Roscoff étoilent la campagne Et, priant ou chantant autour d'eux, la Bretagne Sent, en ce premier soir du solstice d'été. S'épanouir la fleur de sa mysticité.

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