‹ Poésies complètesChapitre 42 sur 115 · DEDICACE · texte numérisé non relu

DEDICACE

A l'auteur du Livre de la Payse, André Themiet^ en lui adressant la Payse.

Maître très cher, s'il vous plaît, Écoutez ma patenôtre.

Voici ma « Payse » : elle est Bien peu digne de la vôtre.

Celle que chantaient vos vers Eut les forêts pour marraines Et gardait dans ses yeux verts La fraîcheur des eaux lorraines.

Ce qu'en elle nous aimons, C'est la sœur et c'est l'amie :

Au milieu des goémons La mienne s'est endormie.

Je me suis longtemps penché Sur son tragique visage :

L'aile noire du péché L'avait frôlée au passage.

Et mes yeux, mes tristes yeux, Retrouvaient dans sa prunelle La muette horreur des lieux Que baigne une ombre éternelle.

C'est une âme d'occident, Farouche, intraitable et prompte.

Considérez cependant Qu'elle est morte de sa honte.

Elle est morte au temps d'avril...

Vous oublierez tout le reste, Maître aimé chantre viril De la forte vie agreste,

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