‹ Poésies complètesChapitre 41 sur 115 · SUR UN LIVRE BRETON · texte numérisé non relu

SUR UN LIVRE BRETON

Tel, en sa grisante fragrance, Votre livre, ami, m'a rendu Groix, Trégastel, la molle Rance Et les joncs roses du Pouldu.

La mer s'éveille au long des cales.

Voici Saint-Pol, Vannes, Tréguier, Les pâles villes monacales; Roscoff assis sous son figuier;

Et Morlaix, la vive artisane;

Guingamp, qui, fidèle à son duc,

Montre maint coup de pertuisane %

Aux trous de son manteau caduc;

Penmarc'h, désolé par Brumaire; Auray la sainte; Erg au flot blanc, Et Lannion, qui fut ma mère Et que mon cœur nomme en tremblant...

G genêts d'or de Lannostizes !

Les sources sanglotent. Là-bas, J'entends frémir sur les cytises Les abeilles du Bourg-de-Batz.

Et c'est ton âme triste et douce, Toute ton âme, ô mon pays, Qui pleure ainsi parmi la mousse Et chante ainsi dans les taillis.

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