‹ Poésies complètesChapitre 48 sur 115 · PRINTEMPS DE BRETAGNE · texte numérisé non relu

PRINTEMPS DE BRETAGNE

A Armand Dayot.

Une aube de douceur s'éveille sur la lande : Le printemps de Bretagne a fleuri les talus. Les cloches de Ker-Is l'ont dit jusqu'en Islande Aux pâles < En-Allés » qui ne reviendront plus.

Nous aussi qui vivons et qui mourrons loin d'elle, Loin de la douce fée aux cheveux de genêt, Que notre cœur au moins lui demeure fidèle : Renaissons avec elle à l'heure où tout renaît.

(i) Pièce dite au premier dîner des Bretons de Paris.

io8 RONDES ET CHANSONS

O printemps de Bretagne, enchantement du monde! Sourire virginal de la terre et des eaux ! C'est comme un miel épars dans la lumière blonde : Viviane éveillée a repris ses fuseaux.

File, file l'argent des aubes aprilines!

File pour les landiers ta quenouille d'or fin!

De tes rubis. Charmeuse, habille les collines; j

Ne fais qu'une émeraude avec la mer sans fin. *

C'est assez qu'un reflet pris à tes doigts de flamme, j Une lueur ravie à ton ciel enchanté, Descende jusqu'à nous pour rattacher notre âme A l'âme du pays qu'a fleuri ta beauté!

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