‹ Poésies complètesChapitre 94 sur 115 · MEDIO DE FONTE DOLORUM · texte numérisé non relu

MEDIO DE FONTE DOLORUM

Rejette ce manteau de fallace et d'orgueil

Et reprends ton visage en retrouvant ton deuil.

Comme monte, pareil aux bulles de la mer,

Du fond des voluptés je ne sais quoi d'amer.

Ainsi, Maxence, ainsi, mon fils, dans la retraite.

Les maux les plus cruels ont leur douceur secrète.

Le tien n'est pas de ceux dont on guérit. Pourtant,

Toi qui naguère, cœur encore impénitent.

Le maudissais, déjà tes regards, ô Maxence,

Goiîtent à l'observer une acre jouissance ..

Demain tu connaîtras, redevenu chrétien.

Que ce mal dont tu meufs, pauvre homme, est toa seul bien.

MARC'HARIT PHULUP^^^

A Madame Mosher.

Elle était la Légende en marche vers l'Histoire. Tous nos vieux saints la connaissaient : Guévroc, Ildut, Maudez, Efflam, par qui le fourbe est confondu, Pas un dont elle n'ait révéré l'oratoire.

(i) « Marguerite Philippe [Marc'harit Phulup), écrivait en 1874 F. -M. Luzel dans ses Gwerziou Breiz-Izel, est ma chanteuse et conteuse ordinaire. Pèlerine par procuration de son état, elle parcourt constamment la Basse-Bretagne en tous sens, pour se rendre (toujours à pied) aux places dévotes les plus en renom. Partout où elle passe, elle écoute, elle s'enquiert et me rapporte fidèlement toutes les chansons, tous les récits divers, toutes les pratiques superstitieuses et les coutumes qu'elle peut recueillir ou observer dans ses voyages. Sa mémoire est prodigieuse, et je n'exagère rien en portant à deux cents environ le nombre des chants de toutes sortes et à cent cinquante le nombre des contes merveilleux et autres qu'elle connaît. Elle demeure au village de Pont-ann-G'hlan, en Pluzunet. « Un tombeau lui a été élevé en 1910 dans le cimetière de cette localité, par les soins de Mme Mosher, et la pièce ci-dessus composée pour l'inauguration du monument. g

MARCHA RIT PHULUP 245

Un gv\;erz, là-bas, traînait aux flancs du Ménez-Du, Dolent comme l'appel d'une âme en Purgatoire, Et le vivant rouleau de sa souple mémoire Enregistrait le gwerz aussitôt qu'entendu.

En elle, comme au fond d'une ruche sonore, S'élaborait le miel d'un sublime folklore : Mythes et chants s'élevaient d'elle par essaims.

O Marc'harit, témoin suprême du vieil âge, Avec toi s'est couché sous l'if au noir feuillage Tout un peuple de dieux, de héros et de saints.

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