UNE INTRIGUE AU BAL DE L OPERA IO
« Quelle taille ! quels pieds ! quels cheveux en forêt ! » Elle, tranquillement, dit : « On en mangerait. »
Continuant toujours d'affronter le péril : « Un méchant petit cœur là-dessous battrait-il? « QjLie ne suis-je celui qui pourra le toucher! » Elle lui répondit : « Ça vous ferait loucher. «
Le gandin confondu lui demanda pardon.
Et, se sentant blessé par le dieu Cupidon, Finit par obtenir son absolution :
« Mais j'y mets, lui dit-elle, une condition.
« La valse qu'à présent on vient de commencer, i(^ Vous allez avec moi sur-le-champ la danser. « — Mais, lui répondit-il, je ne suis pas masqué, « Et par tous mes amis je serai remarqué.
« — Monsieur, fit-elle alors d'un accent dédaigneux, « Craint de se compromettre avec moi-, c'est au mieux,.. » Il ne répHqua pas, mais au bout d'un instant Dans la foule ils allaient tous deux pirouettant.
no UNE INTRIGUE AU BAL DE l'oPÉRA
Ses amis, aux abois et fronçant le sourcil, Disaient : « C'est une horreur! à quoi donc pense-t-il? » Et tout le Club, penché sur le bord du balcon. Semblait pétrifié comme Laocoon.
La valse terminée, enfin il respira ; Mais quand autour de lui son œil timide erra, , Il ne trouva qu'airs froids, sévères, irrités. On l'appelait tout haut commis en nouveautés.
Pour cacher sa rougeur, poussant vers le café, Il feignit tout à coup d'être fort échauffé. « Allons, murmura-t-il, nous rafraîchir un peu. « Prendrez-vous un sorbet, ô bel ange à l'œil bleu?
« — Un sorbet? Oh! la, la! Tu ne le voudrais point ! » Et, frappant sur la table avec son petit poing, L'enfant aux yeux d'azur : « Constantin ! un soda ! » Le gandin : « Je ferai comme vous, ma Léda. »
(( Un soda ! » répéta longtemps l'écho moqueur ; Et soudain accourus, tous ses amis en chœur