UNE INTRIGUE AU BAL DE L'OPERA
ssEZ de gens diront, avec un air choqué : « Hélas ! on ne sait plus causer au bal masqué ! (i On n'y remporte plus que de grossiers succès, -«—El l'Intrigue est partie avec l'esprit français ! »
N'écoutez pas cqs gens, ramasseurs de clichés,
Ces inspecteurs de mœurs, dès neuf heures couchés;
Et croyez-en plutôt ces vers de bonne foi.
Écrits pour vous, lectrice, — écrits, lecteur, pour toi.
Que si vous leur trouvez un turbulent essor. C'est qu'il est encor nuit et que je bois encor. Aussitôt qu'un couplet est par moi composé. D'un verre de Champagne il 5e trouve arrosé !
I08 UNE INTRIGUE AU BAL DE l'oPÉRA
Il s'agit d'un gandin qui, lors du dernier bal, Vit un domino sombre et d'un maintien moral. Il l'accosta soudain et le voulut railler; Mais l'autre le fit taire et sut l'entortiller.
Ce gandin était jeune; il avait un col droit, Un pantalon trop large, un chapeau trop étroit ; Et son habit bleu-prune, éblouissant à voir, Ressemblait par le bas au bec d'un sifflet noir.
Son visage, rasé de frais dans le milieu. S'ornait sur les côtés de deux buissons de feu. Agrément qu'on appelle, ailleurs comme à Paris, Nageoires chez le bar, — chez l'homme favoris.
Le coquet domino, sous de simples dehors,
Paraissait receler de ravissants trésors.
Deux astres noirs perçaient le satin de son loup;
De main comme la sienne on n'en voit pas beaucoup.
Par la foule pressé, vers elle se penchant.
Le gandin murmurait ces mots, tout en marchant :