LA LEÇON DU FLUTE
Et je me surprenais, en marchant, à songer : « Je veux dire à mes fils les leçons du berger, . « Leur tailler des pipeaux, et leur faire comprendre « A quel point l'art est doux, consolateur et tendre ! »
Je raisonnais ainsi, quand soudain, au détour D'une place, je vis dans le fond d'une cour Un homme pâle, usé, front courbé par la lutte. Il tenait aussi, lui, dans ses doigts une flûte; Et son chapeau fangeux, sur le pavé placé, Dénonçait la misère et l'orgueil terrassé. Or, je ne sais par quel sortilège exécrable. Dans cet homme flétri, dégradé, lamentable, Je revovais l'enfant du tableau contemplé, Les traits purs de l'enfant sérieux et bouclé. — Ainsi fait le hasard en ses jours d'ironie. — Je m'enfuis, inclinant ma tête rembrunie.
O musique ! ô tableaux ! ô Sicile 1 ô verger !
Mes fils ignoreront les leçons du berger.
(T^(^j^(^j^m^cm^c^c^<^^f^^^