‹ Poésies complètes de Alfred de MussetChapitre 101 sur 110 · XXIV · texte numérisé non relu

XXIV

Ne 0611 ta 18- tu donc pas que ta belle jeutiesse De les yeux fatigués s'écoulait en rutssoaux , Et de ton noble cœur s'exhalait on Sanglots?

Quand de ceux qui t'aimaient tu voyais la tristesse, Ne senlais-tu dpnc pas qu'une fatale fVresse Berçait ta vie errante à ses derniers rameaux?

Oui , oui , lu le savais qu'au sortir du théâtre , <Jn soir dans ton linceul il faudrait le coucher. Lorsqu^on te rapportait plus froide que Talbâtre , Lorsque le médecin, de la veine bleuâtre, Regardait goutte à goutte un sang noir s'épancher ,• Tu savais quelle main venait de te loucher.

Oui , oui , tu le savais, et que dans celte vie

Rien n'est bon que d*aimer, n'est vrai que ^de souffrir.

Chaque soir dans les chants tu te sentais pâlir.

Tu connaissais le monde, et la foule, et Tcnvie^

Et dans ce corps brisé concentrant ton* génie ,

Tu regardais aussi la Malibran mourir.

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