‹ Poésies complètes de Alfred de MussetChapitre 100 sur 110 · XIX · texte numérisé non relu

XIX

Ah ! tu vivrais eneor sans cette âpfic indomptable. Ce fut l|i ton seul mal , et le secret fardeau ^ Sous lequel tombeau corps plia comme un roscfau. Il en soutint Mi-temps la lutte inexorable.

V C'est le Dieu tout-puissaut , c'est la Muse implacable, Qui , dans ses bras eii feu , Tiffportée au tombeau.

POÉiSltS NOUVELLES. 377

Que De rétouffais-tu y cette tlainme brûlante

QucTtou sein palpitant ne pouvait contenir !

Tu y ivrais , tu verrais te suivre et t'applaudir

De ce public blasé la foule indifTérente *

Qui prodigue aujourd'hui sa faveur inconstante

A des gens dont pas un , certes , n'en doit tnourii'.

Connaissais- tu si peu T ingratitude humaine? Quel rêve as-tu donc fait, de te tuer pour eux ? Quelques bouquets de Heurs le rendaient-ils si vaine , Pour venir nous verser de vrais pleurs sur la scène , Lorsque tant d'histrions et d'artistes fameux ^ Couronnés mille fois, n'en ont pas dans les yeux?

Que ne détournais-tu la tête pour sourire , Comme on en use ici quand on feint d'être ému? Hélas! du t'aimait tant qu'on n'en aurait rien vu. Quand tu chantais le Saule, au lieu de ce délire, Que ne t'occnpais-tu de bien porter ta lyre?

La Pasta fait ainsi ; que ne rimitais-tu?

Ne savais-tu donc pas , comédienne imprudente, Que ces cris insensés qui le sortaient du cœur De ta joue amaigrie augmentaient la pâleur?

Ne savais-tu donc pas que sur ta tempe ardente Ta main de jour en jour se posait plus tremblante , El que c'est tenter Dieu. que d'aimer la dt)uleur?

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