‹ Poésies complètes de Alfred de MussetChapitre 17 sur 110 · FABL · texte numérisé non relu

FABL

Bon ! une bagatelle. ^

Je crois que j'ai t|ié quelqu'un là-bas.

Vraiment!

RAFAËU

Je vous dirai cela ; mais l'habit seulement,

l'abbé.

L'habit? noD , de par Dieu ! je ne' veni pq« da vôtre. Les sergents me prendraient pour toi]«.

RAFAËL

Le bon apMre !

( Plusieurê gms traver$ent le théâtre, )

Attendez. — Donnez-moi ce manteau. — Bon.^ Je vais Dire à ces gredins-là deui petits mots.

l'abbé.

.Jamais Je n'oserai tuer cet t\pmme. •

{fl s'asseoit sur une pierre. )

LE SERGENT

" - Holà ! je cherche Le seigneur RafaeL

RAFAËL

A moins qu'il ne se perche Sur quelque cheminée en manière d'oiseau , Qu'il n^entre dans la terre , ou qu'il ne saute èr Teau , Vous Taurez à coup sûr. Le connaisses vous?

LE SERGENT

Cerle , J'ai son signaletnent. — C'est une plume velrte Avec des bas orange.

RAFAËL

jÇn vérité! — Parbleu I Vous n'aurez point de peine , et vous jouez beau jeu. Combien vous donne-t-on?

LE SERGENT

Hai...

RAFAËL. '

Trouvez-vous qu'en somme Votre prévôt vous ait assez payé votre homme ? Le 5ou sire estril doux ou dur sur les écus?

u LE SERGENT.

Hais, il n'en mourrait ^las poor douner on peu plus. Hais Je d'ï pense pas. — Le ventre à la besogne , Et non le dos. —Mieux Taut la hart que la vergogne. Et puis, l'homme pendu , nous aBons ie pourpoint.

^ns compter les rêve) |^ag.

J'ai de bolts pistolets.

'Ha caune

De sergtfpt.

EAFAEL.

' "Bon. — El puis? ,

LR SEBBEMT.

Ce poignard de Toscane.

* ■ f. BAPAEL.

Ti^-eueilent. — Et puis ?

J'ai celte épée.

. , Et puis? '

• LE BEBGENT. • . 1

^t puisl je n'ai pins rien. . »

KAFAEti , le roiiant.

i ' Tiens , voilà pour tes crit ,

Et pour tes pistolels.

lE SERGENT.

Aye! Aye!

Et pourla'eaafle, Et pour Ion fin poignard en acier de To«i|ne.

liE SEROKNT.

Âf e 1 aye ! je suis mort !

lUFAEL.

Le seigneur G|iruci Est sans' doute au logis. — Ou y va par ici.

( /{ le chasse. ) C'est du don Juan , ceci.

{Revenant.)

Que dis-tu du bon homme?

Sauvons-nous maintenant. — Moi , je retourne à Rome.

(Vabbé vaùlui^ et lui met son poignard dans la gorge, )

RAFAËL

Éles-vous fou, Tabbé?' — L'abbé?

(}{ tombe.)

Je n'y suis pas.

Ah ! malédiction l Mais tu me le pairas.

{Il veut se relever. )

Mon coup de grâce ^ abbél Je suffoque! Ah ! misère! Mon coup , mon dernier coup , mon cher abbé. La terre Se roule autour de moi ; -• miserere ! Le ciel "fourne. Ah! chien d'abbé, va ! par le Père éternel !... Qu'aitends-tu donc là, toi , fantôme, qui demeures.

l'abbé.

Moi? j'attends que tu meures.

RAFAËL

Damnation ! Tu vas me laisser là , crever Comme un' païen , gredin , et ne pas m'ochever ! Je ne le ferai rien ; viens m'achever. — Un verre D'eau , pour l'amour de Dieu ! — lu diras à ma mère Que je donne mes biens à mon bouffon Pippo.

( Il meurt.

Va , ta mort est ma vie , insensé ! Ton tombeau

6e POÉSIES.

Est le lit Duptial où va ma fiancée ' S'étendre bous le dais de cette nuit glacée I Maintenant le hibou tourne autour des falots. Uesturçeon monstrueux soulève de son dos Lé manteau bleli des mers , et regarde en silence Passer Pastre des nuits sur leur miroir immense. La sorcière accroupie , et murmurant, tout bas Des paroles de sang, lave pour les sabbats La jeune fille nue ; Hécate aux trois visages Froisse sa robe blanche aux joncs des marécages; Ëooutei. •— L'heure sonné! et par elle est compté Chaque j^s que le temps fait vers Tétemité.

Va dormir dans la mer, cendre! et que ta mémoire S'enfonce avec ta vie au cœur de cette eau noire I

l 11 jette le ca4a\>re dans la mer, )

Vous, nuages, crevez ! essuyez ce chemin !

. Que le pied, sans glisser, puisse y passer demain.

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