‹ Poésies complètes de Alfred de MussetChapitre 22 sur 110 · LE LEVER · texte numérisé non relu

LE LEVER

Assez dormir , ma belle !

Ta cavale Isabelle Hennit sous tes balcons.

Vois tes ptqueurs alertes , Et sur leurs manches vertes Les pieds noirs des. faucons.

Vois écnyers et pages , En galants équipages , Sans rochet ni pourpoint, Têtes chaperon nées , Traîner les haquenées , Leur arbalète au poing.

Vois bondir dans les herbes Les lévriers superbes , Les chiens trapus criçr.

En chasse , et chasse heureuse !

Allons , mon amoureuse , Le pied dans l'étrier !

Et d'abord sous la moire , Avec ce bras d'ivoire, Enfermons ce beau sein , Dont la forme divine, Pour que l'œil la devine , Reste aui plis du coussin.

Ohi sur toTi front qui penche, j^ainie à voir ta main blanche Peigner Ips cheveux noirs ; Baaux cheveux qù^on rassemble Lèff matins , et qu'ensemble Nous défaisons les soirs!

Âl Ions , mon intrépide , Ta cavale rapide Frappe du pied le sol , Et ton bouffon balance , Comme un soldat sa lance-, Son joyeux parasol !

Mets ton écharpe blonde Sur ton épaule ronde , Sur ton corsage d'or , Et je vais , ma charmante , TVmporter dans la mante , Gomme un enfant qui dort !

îf

^'♦He*^

Page 1