‹ Poésies complètes de Alfred de MussetChapitre 21 sur 110 · L'ANDALOUSE · texte numérisé non relu

L'ANDALOUSE

Avez-vous vu, dans Barcelone, Uue Andalouse au sein bruni?

Pâte comme un beau soir d^aulomne!

C^est ma maîtresse , ma lionne !

La marquesa d'Amaëgui.

J^ai fou bien des chansons pour elle;* le me suis battu bien souvent.

Bien souvent j'ai fait sentinelle , Pour voir le coin de sa prunelle , Quand son rideau tremblait au vent.

Elle est à moi , moi seul au monde.

Ses grands sourcils noirs sont à moi , Sou corps souple et sa jambe ronde, Sa chevelure qui l'inonde , Plus longue qu'un manteau de roi !

Cèst à moi son beau col qui penche •Quand elle dort dans son boudoir,

Et sa basquiaa sur sa hanche, Son bras dans sa mitaine blanche, Son pied dans son brodequin noir !

Vrai Dieu! lorsque son œil pétillo Sous la frange de ses réseaux , Kien que pour toucher sa mantille , De par tous les saints de Caslille^ On se ferait rompre les os.

Qu'elle est superbe en son desordre , Quand elle tombe , le seins nus, Qu*on la voit^ béanle, se tordre Dans un baiser de rajg;e, et mordre En criant des mots inconnus !

Et qiiVlle est folle dans sa joie, Lorsqu'elle chante le matin , Lorsqu'on tirant son bas de soie , Elle fait , sur son flanc qui ploio , Craquer son corset de satin !

Allons , mon paj^e , en embuscades !

Allons! la belle nuit d'été!

Je veux ce soîr des sérénades A faire damner les alcades De Tolose au Guadaictét

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