L'ANDALOUSE
Avez-vous vu, dans Barcelone, Uue Andalouse au sein bruni?
Pâte comme un beau soir d^aulomne!
C^est ma maîtresse , ma lionne !
La marquesa d'Amaëgui.
J^ai fou bien des chansons pour elle;* le me suis battu bien souvent.
Bien souvent j'ai fait sentinelle , Pour voir le coin de sa prunelle , Quand son rideau tremblait au vent.
Elle est à moi , moi seul au monde.
Ses grands sourcils noirs sont à moi , Sou corps souple et sa jambe ronde, Sa chevelure qui l'inonde , Plus longue qu'un manteau de roi !
Cèst à moi son beau col qui penche •Quand elle dort dans son boudoir,
Et sa basquiaa sur sa hanche, Son bras dans sa mitaine blanche, Son pied dans son brodequin noir !
Vrai Dieu! lorsque son œil pétillo Sous la frange de ses réseaux , Kien que pour toucher sa mantille , De par tous les saints de Caslille^ On se ferait rompre les os.
Qu'elle est superbe en son desordre , Quand elle tombe , le seins nus, Qu*on la voit^ béanle, se tordre Dans un baiser de rajg;e, et mordre En criant des mots inconnus !
Et qiiVlle est folle dans sa joie, Lorsqu'elle chante le matin , Lorsqu'on tirant son bas de soie , Elle fait , sur son flanc qui ploio , Craquer son corset de satin !
Allons , mon paj^e , en embuscades !
Allons! la belle nuit d'été!
Je veux ce soîr des sérénades A faire damner les alcades De Tolose au Guadaictét