POEME DRAMATIQUE
Entre la coupe eat les lèvres il reste encore de la place pour un malbeor.
ANClSlf rnovKABB.
Aimer , boire et chasser , voilà la vie humaine Chez les flis au Tyrd — peuple héroïque et fier ! Montagnard comme i'aigte , et libre comme Tair 1 Beau ciel , où le soleil a dédaigné la plaine , Ce paisible océan dont les monts sont les flots I Beau ciel tout sympathique et tout peuplé d'échos ! Là , siffle autour des puits Fécumeur des montagnes , Qui jette au vent son cœur ^ sa flèche et sa chanson. Venise vient au Ibin dorer son horizon; La robuste Helvétie abrite ses campagnes.
Ainsi les Tents du sud Vapportent la beauté , Mon Tyrol , et les vents du nord la liberté.
Sahit, terre de glace, amante des nuages; Terre d^bommes errants et de daims en voyages , Terre sans oliviers , sans vigne et sans moissons. . Ils snoent un sein dur , mère , tes nourrissons; Mais ils Taiment ainsi — sous la neige bleuâtre De leurs lacs vaporeux , sous ce pâle soleil QuÎTespecte les bras de leurs femmes d*albâtrc, SoQS la ronce dos champs qui mord leur pied vermeil. Noble terre, salut 1 Terre simple et naïve ,
Tu a'aimes pas les arts y toi qui n*es pas oisive.
DVfTéminés rêveurs tu n'es pas le séjour ;
Oit ne fait sous ton ciel que la guerre et Tanioui*.
On ne se vieillit pas dans tes longues veillées.
Si parfois tes enfants , dans l'écho des vallées ,
Mêlent un doux refrain aux soupirs des roseaux ,
C'est qu'ils sont nés chanteurs , comme de gais oiseaux.
Tu n'as rien, toi , Tyrol, ni temples, ni richesse,
Ni poètes , ni dieux , — tu n'as rien , chasseresse!
Mais Tamour de ton cœur s'appelle d'un beau nom :
La liberté! — Qu'importe au, fils de la montagne
Pour quel despote obscur envoyé d'Allemagne
L'homme de la prairie écorche le sillon?
Ce n'est pas son métier de traîner la charrue ;
Il couche sur la neige, il soupe quand il tue ;
11 vit dans l'air du ciel , qui n'appartient qu'à Dieu.
— L'air du ciel ! l'air de tous l vierge comme le feu ! Oui , la liberté meurt sur le fumier des villes. Oui, vous qui la plantez sur vos guerres civiles, Vous la semez en vain , même sur vos tombeaux :
Il ne croit pas si ha» , cet arbre aux verts rameaux. Il meurt dans l'air humain , plein de râles immondes. Il respire celui que respirent les mondes.
Montez, voilà lléchelle, et Dieu qui tend les bras; Montez à lui , rêveurs , il ne descendra pas I Prenez-môi la sandale, et la pique ferrée :
Elle est là sur lès monts, la liberté sacrée. C'est là qu'à chaque pas l'homme la voit venir. Ou, s'il l'a dans le cœur , qu'il l'y' sent tressaillir. Tyrol , nul barde encor n'a chanté tes contrées. Il faut des citronniers à nos muses dorée», ' Et tu n'es pas banal , toi dont la pauvreté Tend une maigre main à l'hospitalité.
— Pauvre hôtesse , ouvre-moi ! — tu vaux bien l'Italie , Messaline en haillons, sous les baisers pâlie,
Que ton père à son fils paie à sa puberté.
Moi , je te trouve vierge , et c'est une beauté ;
Cest la mienae — il nie faut , pour que ma soif s^étaoche,
Que le flot soit sans taclTe , et clair comme un miroir.
Ce sont les chiens errants qui vont à Tabreuvoir.
Je t'aime. — %Ils ne t'ont pas levé ta robe blanche;
Tu n'as pas comme Naple un tas de visiteurs^
Et des ciceroni pour tes entremetteurs.
La neige tombe en p^ii sur tes épaules nues. —
Je t'aime, sois à moi. Quand la virginité
Di^araîtca du ciel , j'aimerai des statues^
Le marbre me va mieux que l'impure Phrjné • «
Chez qui les affamés vont chercher leur pâture ,
Qui fait passer la rue au travers de son lit ,
Et qui n^a pas le temps de nouer sa ceinture *
Entre l'amant du jour et celui de la nuit.
^MMCI