SCÈNE
I Ua elkemin ef«ux dafls •■« fforAt . — Le polat ém JMir .^
FRANK, assis sur Vherbe.
— Et quand tout sera dit — quand b triste demeure De ce malheureux Frank , de ce vil mendiant , Sera tombée en poudre et dispersée au vcttt, Lui , que detlendra-t-il ? -^ Il sera temps qu'il meure ? Et ç'il est jeune encor , s!il ne veut pas mourir? Ah! massacre et walheur ! que vais-je àev^ff^f
, (A s'endort, )
UNE vopc , dans un son^i^
11 est deux routes dans la vie :
-' L'une solitaire et fleurie.
Qui descend sa pente chérie
San« se plaindre et sans soupirer.
/ Le passant la remarque k peine ,
Comme le ruisseau de la pjaine ,
Que le sable de la fontaine
Ne fait pas même murmurer. ^
UJN SPECTAOLE DANS UN FAUTEUIL. ^173
L^autre , comme un torrent sans digue , Dans une éternelle fali^ue , Sous les pieds de l'enfant prodigue Roule la pierre dMxion.
L'une tst bornée , et l'autre immense ; L'une meurt où l'autre commence; La première est la patience, La seconde est l'ambition*
FRANK , rêvant.
Esprits] si vous venez m'annonoer ma ruin^,
Pourquoi le Dieu qui me créa Fit-il , en m'animant, tomber danft ma poitrine L'étincelle divine Qui me consumera?
Pourquoi suis-je le feu qu'un salamandre babite^ Pourquoi sens* je mon ccefUr se plaindre et s'étonner, ,• Ne pouvant contenir ce rayon qui s'agite, Et qui , venu du ciel, y voddrait retourner?
LA VOIX
Ceux dont l'ambition a dévoré la vie , Et qui sur cette terre ont cherché la grandeur, Ceux-là , dans leur orgueil , se sont fait un honneur De mépriser l'amour et sa douce folie.
Ceux qui , loin des regards , sans plainte et sauf désirs , Sont morts silencieux sur le cœur d'une femme, jeune montagnard , ceux-là, diu fond de l'âme, Ont méprisé la gloire et ses tristes plaisirs.
FRANK
Vous parlez de grandeur, et vous parlez de gloire. Aurai-je des trçsors? l'homme dans sa mémoire
Gaixlera-t-il mon souvenir?
Hépondex , répondez , avant que je m'év«ille.
i)éroulez-moi ce qu» sommeille
Dans l'océan de l'avenir!
r LA VQIX.
Voici rheur« où , le cœur libre d^inquiélude , Tu te levais jadis pour reprendre Tétude , Tes pensers de la veille et les travaux du jour. Seul , poursuivant tout bas tes chimère d'amour, ■ Tu gagnais lentenhent la maison soUtaire Où ta Détdamia veillait près de sa mère.
Frank , tu venais ^asseoir au paisible foyer, Raconter tes chagrins , sinon les oublier.
Tous deux sans espérance et dans la solitude , Enfants , vous vous aimiez ^ bientôt T habitude Tous les jours , malgré toi , f enseigna ce chemin ; Car rhabîtude est tout au pauvre cœur humain.
FRANK
Esprits , il est trop tard , j'ai brûlé ma chaumière l
LA VOIX
Repens-toi 1 repens-toi !
FRANK
Nonrl non ! j'ai tout perdu.
* 1*A VOIX
Repens-toi ! repens-toi I
FRANK
Non I j'ai maudit mon père.
LA VOIX
Alors, lève-toi donc, car ton jour est venu. ( Lé soleil paraît ; Frank s'éveille; Stranio, jeune palatin , et sa maltresse, Monna Bélcolore, pcusent à cheval. )
STRANIO.
Holà ! dérange-toi , manant, pour que je passe.
FRANK
Attends que je me lève , et prends garde à tes pas.
STRANIO.
Chien , lève- toi plus vite , ou reste sur la place.
FRANK
Tout beau , l'homme à cheval , tu ne passeras pas.
Dégaioe-moi ton sabre, ou c^est fait de ta vie. Allons, pare ceci.
{lU se bcUtent , Stranio tombe»)
. BELGOLORE.
Comment t'appelles-tu ?
FRINK.
Charles Frank.
BELCOLORE.
Tu me plais , et tu Tes bien battu.
Ton pays?
FRANK
Le Tyrol.
BELCOLORE.
p • Me trouves-tu jolie?
FRANK. r
Belle comme un soleil. «
Vi»" " BELCOLORE.
% f'- J'ai dix-huit ans — et toi?
FRANK
Vingt ans.
BELCOlORE. f
Monte à cheval , et viens souper chez moi.
(Exeunt.)
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