‹ Poésies complètes de Alfred de MussetChapitre 46 sur 110 · FRANCE · texte numérisé non relu

FRANCE

Et ce «lue je («dis ne te le lave pas! -^

BELCOIOHE.

Je hais les mots grossiers , — ce n'est pas ma manière. Hais quand il s'en faut qu'un, je n'^n dlb jamais deni. Frank , tu ne m'aimes plus.

FRim.

Qui , moi? Je voue adore.

J'ai lu je ne sais ob , ma chère Belcolore , Que les ^lus doux inslanls pour deui amants heureux , Ce sont les entretiens d'une nuit d'insomnie, Pendant l'enivrement qui succède aii'plaisir. Puand les sëna apaisés sont morts pour le désir; Quand, la main à la main , et l'âme A l'âme unie. On ne fait plus qu'uu être, et (ju'od sent s'élever Ce parfum du bonheur qui fait longtemps rêver ; Qoand l'amie , en prenant la place de Tamaute , Laisse son bien-aimé regarder dans son cœur.

Comme une fraîche source , où l'onde est confiante , [.aissesa pureté trahir sa profondeur :

C'est alors qu'on connaît le prix de ce qu'on aime , Que du choix qu'on a fait on s'estime soi-même , Et que dans un doux songe on peut fermer les yeux I N'est-ce pas , Belcolorî N'est-f« pas , mon amie?

FBAns.

N'est-ce pas que nous sommes heureux?— Hais, j'y pen e.

Comme on n< d ,

Nous piperon ,

Qui fournira

]| gatxlera la nuit , et moi j^aurai^k^ur.

Tu pourras bien parfois lui jouer quelque tour \

J'entends quelque bon tour, adroit et profitable.

Il aura des amis que nous pourrons griser;

Tu seras le chasseur, et moi le lévrier/

AYiypfl tout, pour la chambre, une fille discrète,

Capable de huiler une porte secrète. '

Mais nous la Jfdirons bien ; anjourd'lîui tout se vend.

Quant à moi , je serai le cavalier servant.

Nous ferons à nous deui la perle des ménages.

BELCOLORE.

Ou tu vas en finir avec tes persiflages , Ou je vais tout à Theufe en finir avec toi.

Veu\*tu faire la paii? Je ne suis pas boudeuse ; " Voyous , viens m'embrasser.

FRANK

Cette fille est hideuse...

Mon Dieu, deux jours plus tard , c'en était fait de mo'\]

( il va s'appuyer sur la terrasie; un soldat passe à cheval

sur kl route* )

LE SOLDAT , ohante.

4) Un soldat qai va iion chemin A Se rallie du loniierre ;

Il tient soft sabre d'une main , "^ Et de l'autre son verre.

Quand 11 meurt, on le porte en !crre (iMflàiue^QMseigneur «^ ' ?.*%' ^ Son cœur est k son amie , *' Son bras est à sa patrie ,

. Et sa tête à l'empereur.*

^ FRANK, Vappjelle.

Holà ! Tami , deux mois. — VipEis âeinblez un icompère De bonne cilîtenance et de'jc^uso tmmeur.

;Vofi braves compagnons vonl-its chlrrr en guerre? Iraiis quelle place forle est donc voire empereur?

* LE SOLDAT

A Glurens. — Dans deux jours nous serons en campagne. Je rejoin» de ce pas ma corporation.

FRANK. '

Veneï-VQus de la plaine, ou bien delà montagne? Connaissez-irous mop père , et savez-Tous mon non\? " '

« LE SOLDAT

Oh ! je Yous connais bien. — Vous êtes du village, Yis-à-iris le moulin. — Que faites^vous donc U|? Venez- vous avec nous?

FRANK

Oui , cerke , et me^oilà», ( Il descend dans le chemin, )

Je ne me suis pas mis eu habit de voyage; ' Vous me prêterez bien un vieux sabre là-bas?

{A Beîcohre,) * * -'

Âdleu / lâa belle enfant ^ je ne souperai pas.

/ LE SOLDAT

On VOUS équipera. — Montes toujours en croupe. . Parbleu , compagnon Frank, vous manquiez à la troupe. Âh çà , dites-mot donc , tout en nous allant ^ §MI est vrai qu^un beau soir...

(il$parUn$^augaiop.)

BELCOLORE , SUT 10 bokon. ^

' Je Taime 6ep«ndant.

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